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avoient fait tuer à Compasie , ceux que. Philopemenes avoit fait appeller pour se défendre : & qu'après avoir si inhumainement traité les hommes, poussant la cruauté jusqu'aux choses inanimées, ils avoient renversé les murs de la Ville la plus célébre de la Grece , & aboli les Loix & la discipline de Lycurgue, qui étoient depuis tant de fiécles en vénération dans toutes les parties de l'univers. : Quand Appius eût cessé de parler, Lycortas en qualité de Préteur , & Lycortas comme ami de Philopemen, auteur de prend la détout ce qui s'étoit passé à Lacédémone, chéens dont prit la parole en ces termes. « Nous cé fommes plus embarrassés , Appius « Claudius , à vous répondre ici , que os nous ne l'avons été il y a quelque-c tems à Rome dans le Sénat. Car alors « nous n'avions à réfuter que les accu- « fations injustes des Lacédémoniens ; ce & aujourd'hui, c'est vous-mêmes cs qui nous accusés, & à qui nous som.« mes obligés de justifier notre conduir a te. Mais quelque triste que soit notre « condition, nous entreprendrons ce- « pendant de nous défendre, dans la co confiance que vous voudrez bien ce quitter le personnage d'adversaire ce

il étoit Pré-
teur,

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į pour

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» que vous aviez pris d'abord
» faire uniquement celui de Juge &
» d'Arbitre. Pour moi, quoique vous
» ayez répété contre nous les repro-
» ches que les Lacédémoniens nous
» ont faits d'abord ici en parlant à l.
» Cecilius , & depuis à Rome en plein
» Sénat , ce sera cependant à eux , &
» non à vous, que j'adresserai la ré-
» ponse que vous allez entendre. Vous
» nous objectés le meurtre de ceux que
w Philopemen fit appeller pour plaider
» leur cause devant lui. Pour moi, Ro-
» mains , je crois que vous ne devez
» ni nous reprocher vous-mêmes ce
» crime , ni souffrir qu'on nous le re-
» proche devant vous. Car dans le
» Traité

que vous avez fait avec les » Lacédémoniens , il leur étoit ordone » né de renoncer aux Villes maritimes. » Ainsi dans le tems , qu'au mépris de » vos ordres, ils ont pris les armes , & » se sont emparés, à la faveur de la » nuit

de ces mêmes Villes , qu'il » leur étoit défendų d'attaquer , lit. » Quintius , avec l'armée Romaine, on eût encore été dans le Pelopponne» fe , il est sans doute que ceux qu'on » avoit opprimés, auroient eu recours » à la protection & à celle de ses trou

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» pes.

pes. Mais en votre absence, à qui « vouliez-vous qu'ils s'adressassent dans « leur malheur, finon à nous qu'ils sçavoient être vos Alliés, à nous qu'ils of avoient vûs secourir Gythion, & at- « taquer Lacédémone conjointement « avec vous, & pour une raison sem-cs blable ? C'est donc pour vous, Ro-5 mains, que nous avons entrepris une se Guerre. juste & légitime. Les plus raisonnables nous approuvent : les « Lacédémoniens eux-mêmes ne sçauroient nous blamer : & les Dieux, en . nous donnant la victoire

ont approuvé tout ce que nous avons fait, «s Comment donc peut-on aujourd'hui « nous faire un crime d'une action que se les Loix de la Guerre autorisent ? Et après tout,nous n'avons presque co point de part à tout ce qui s'est passé. co Tout ce qu'on peut nous imputer , " c'eft d'avoir fait appeller pour se dé- « fendre, ceux qui avoient fait prendre ce les armes à la multitude, qui avoient « forcé: les Villes maritimes , & qui a avoient fait massacrer les premiers de ce la Ville. Mais si ceux qui sont venus co dans notre camp ont été tués, c'est as à vous qu'on doit imputer ce meur- c tre Areus, & Alcibiade, & non à Tom. II.

Z

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» nous , sur qui vous voulez cepeno w dant le faire tomber. Ce sont les » exilés de Lacédémone, du nombre

desquels étoient ces deux-ci , qui, » chassés par les Lacédémoniens, des # Villes maritimes où ils s'étoient étau blis, s'étoient alors réfugiés parmi is nous ; ce sont ces exilés, dis-je , qui » croyant que c'étoit à eux qu'on en w vouloit , se sont jettés sur ceux qui » les ayant bannis de leur patrie , ne » vouloient pas même leur permettre » de vivre tranquillement dans leur » exil. Les Lacédémoniens ont donc » été tués par des Lacédémoniens, & » non par des Achéens ; & il est fort » indifferent pour nous , qu'ils ayent » été tués à tort ou avec justice. »

» Mais , Achéens , nous dira-t-on, s au moins ne pouvez-vous nier que » ce ne soit vous , qui avez aboli les » Loix & la discipline de Lycurgue , » & abattu les murailles de Lacédés mone. Comment peuvent-ils nous is faire ces deux reproches , tandis » qu'ils sçavent que ce n'est pas Ly

: jo curgüe qui a bâti de son tems les » murs de cette Ville, mais tout ré» cemment ses tyrans, dans le dessein

d'abolir la discipline de ce Législa

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ce n'est

teur, & de s'en servir, aussi-bien que ce de la Citadelle qu'ils y ont ajoûtée ,« pour assûrer leur domination, & ôter « la liberté aux citoyens ? Et certes fi ce Lycurgue revenoit aujourd'hui de o l'autre monde , il en verroit les ruines avec joye , & diroit qu'à ces c marques il reconnoîtroit fa patrie & « l'ancienne Sparte. Et affûrément sans se attendre Philopemen ni les Achéens; « c'étoit à vous,

Lacédémoniens, qu'il « convenoit d'abattre de vos propress mains ces remparts de la tyrannię , « & d’en effacer jusqu'aux moindres traces. Car ils ne fubfiftoient que « pour vous faire fentų la honte de « votre servitude : & après avoir vécu s fans murailles près de huit cens ans + toûjours libres , & même allez long: « que depuis *cent ans qu'enchaînés.« par ces murailles, comme par des « entraves, vous éprouvés une indigne fervitude. A l'égard de leurs an- ce ciennes Loix qu'on nous accuse de u

* Comment Tite-Live peut-il compter cent ans de fervitude, après

avoir dit quelques lignes devant, que ces murs n'avoient été bâtis que depuis quelques ant aces ; & n'y ayant que quarante-lix ans depuis le commencement du regne de Ciconicnie jufqu'à la mort de Nabis. 33 110 Chov 3975

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