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& fon emploi qui, auparavant se bornoit à un ministere de quelques momens, devint un art & difficile & important. Mais après tout ces excès qui étonnoient alors par leur nouveauté n'étoient, pour ainsi dire , qu'une legere ébauche du luxe effroyable dans lequel les Romains se sont plongés de puis.

Cn. Manlius fit paroître dans soni triomphe deux cens couronnes d'or du poids de douze livres chacune :* deux cens vingt mille livres pesant d'argent : † deux mille deux cens trois livres d'or : cent vingt-sept mille s tetradrachmes : deux cens cinquante mille cistophores : ** seize mille trois cens Philippes d'or ; & une grande quantité d'armes & de dépoüilles prises sur les Gaulois , le tout porté sur des chariots. Cinquante-deux Officiers enne

* Trois cens trente mil cens cinquante mille fe. le marcs.

roient autour de soixante + Trois mille trois cens & cinq ou fix mille livres. quatre niarcs & demi. ** (es piéces valoient

Le cerradach me va vingt sols, ainsi c'étoir lant quatre deniers, ceite leize mille trois cens liv. fomme est à peu près de Je soupçonne que ces piédeux cens cinquanic-qua- ces eranı d'or , & portant te mille livres.

l'image du Roi , on les Sie cistophore pouvoit ivaiue bien foiblement à valoir autour de deux fel. vingt sols. terces , & en ce cas deux

mis enchaînés marchoient devant fon char. Il fit diftribuer à chacun des Soldats quarante-deux deniers , le double aux Centurions : il doubla la paye des Fantassins, & tripla celle des cavaliers. On voyoit à la suite du char un grand nombre d'Officiers & de Soldats ornés des dons militaires qu'ils avoient reçûs de Fulvius. Toute l'armée en général lui donnoit dans les chanfons militaires faites à la hâte des éloges qu'on jugeoit aisément qu'il s'étoit attirés par fa facilité & fon indulgence. Ce qui fit que son triomphe fut plus célèbre par la faveur des Soldats,

que par celle du Peuple. Mais ensuite les amis lui gagnerent aussi celle de la multitude. Car ils firent tant par leurs follicitations que le Sénat rendit un Arrêt qui ordonnoit* qu'à la décharge du Peuple, on acquittât de l'argent qui avoit été porté dans le triomphe,ce qui étoit encoré dû des sommes qui avoient été empruntées pour les besoins de la Ré

* On a ainsi traduit ce & entr'autres celle de M. passage très-difficile dans Crevier qu'on peut lire au le texte. C'est le meilleur chap. 7. Au reste vingia sens & le plus raisonna- cing As & demi d'intérêt ble qu'on lui puisse don- pour chaque millier d'As, ner; suivant les remar- font autour de fix deniers ques les plus judicieuses, pour livres d'intérêt.

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publique. Et en conséquence les Quefteurs de la Ville payerent avec autant de fidélité que d'exactitude,& les fomme's principales , & vingt-cinq As & demi d'intérêt pour chaque millier d'As. Ce fut en ce tems-là qu'arriverent à Rome deux Tribuns des Soldats chargés des Lettres de C. Atinius & de L. Manlius Préteurs des Espagnes ultérieure & citérieure. On apprit par la lecture qu'on en fit que les Celtiberiens & les Lusitans avoient pris les armes , s'étoient jettés fur les terres des Alliés du Peuple Romain & les ravageoient. Le Sénat renvoya cette affaire aux nouveaux Magiftrats. Pendant que Pub. Cornelius , Cethegus & A. Poftumius Albinus faisoient célébrer les jeux Romains, un * mât du cirque qui n'étoit pas assez ferme dans sa place , tomba sur la statuë de la Déeffe Pollentia , & la renversa. Les Sénateurs regardant cet accident comme un mauvais présage , ordonnerent qu'on ajoûtât un jour à la célébrité des jeux , qu'on relevât la statuë , & qu'on

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* Ces mâts étoient des piéces de bois fort hautes qui soutenoient les toiles qu'on tendoit pour mettre à couvert des injures de l'air ceux qui assistoient aux jeux.

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& L. Marcius

y en joignit une seconde qui seroit do rée. Les jeux Plebeiens furent aussi representés pendant deux jours par les Ediles C. Sempronius Blesus & M. Fu

rius Fusus. Sp. Poftu

La necessité d'étouffer une conjuramius Albinus tion intestine empêcha Sp. Poftumius Philippus Albinus & Q. Marcius Philippus ConCon. an de fuls de l'année suivante de prendre Rome $66.

foin des armées de la Guerre & des Provinces. Mais les Préteurs ayant tiré au sort furent chargés; sçavoir, T. Me nius & M. Licinius Lucullus, de rendre la justice, le premier aux Citoyens, & le second aux Etrangers. C. Aure. lius Scaurus 'eût pour son département la Sardaigne , Pub. Cornelius Sulla la Sicile , L. Quintius Crispinus l’Espagne citérieure , & C. Calpurnius Pison i'ultérieure. Mais les deux Consuls eurent ordre de faire toutes les perquifitions necessaires pour découvrir &

éteindre la conjuration dont on vient Etrange & de parler. Un certain Grec fans naifa abominable fance & sans nom vint d'abord en fanatisme introduit à Ro- Toscane où il n'apporta aucun de ces arts aucune de ces sciences

que

fa voile de la Nation, la plus habile de l'Univers en Religion.

toute forte de connoissances, a souvent introduites à Rome pour la per

me par un Grec sous le

fe&tion de l'esprit & du corps,

mais de nouveaux facrifices, ou pour mieux dire , de folles & dangereuses superstitions. Car il n'étoit pas de ceux qui pour subsifter , font profession publique de quelque culte religieux , & enfeignent ouvertement au Peuple des rits & des cérémonies qui n'ont pour but que de lui inspirer le respect des Dieux. Ses Mysteres étoient inconnus, & se célébroient dans le fecret. Il n'y initia d'abord qu'un petit nombre de personnes : mais bientôt il y admit indifferemment tous ceux qui se presenterent de l'un & de l'autre sexe. Et pour.y attirer un plus grand nombre

il les assaisonna des plaisirs du vin & de la bonne chere. Le vin - les cris & les ténébres de la nuit ayant bientôt éteint jusqu'aux moindres reftes de pudeur, entre des hommes mêlés avec les femmes

les femmes, entre de jeunes enfans confondus avec ceux d'un âge plus avancé, ils s'abandonnoient à toute forte de corruptions & d'infamies, chacun trouvant, pour ainsi dire fous la main, le plaisir qui étoit le plus conforme à son goût. Un libertinage si affreux n'étoit pas le seul vice de ces Affemblées nocturnes. Il fortoit de la

de gens ;

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