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niens trouverent ce compliment fiorgüeilleux & fi indigne , que si leur Ville eût été dans son ancienne splendeur, ils auroient sur le champ pris les armes pour se venger. Ce qu'ils craignoient le plus, c'est que si en obéiffant à ces premiers ordres , ils étoient assez lâches pour recevoir le joug , Philopemen ne livrât leur Ville aux exilés, comme il en cherchoit depuis tong-tems l'occasion. Etant donc transportés d'une furieuse colere , après avoir tué trente de leurs citoyens qui avoient quelque liaison avec Philopemen & les exilés, ils firent un decret, par lequel il étoit ordonné qu'ils renonçeroient à l'alliance des A chéens & envoyeroient sur le champ des Am bassadeurs dans la Cephallenie , pour livrer Lacédémone aux Romains & prier le Consul M. Fulvius qui étoit en cette Ille, de passer dans le Pelopponnese pour prendre posession de cette Ville aụ nom dụ Peuple Romain. - Les Achéens ayant appris par leurs Ambassadeurs ce qui venoit de se paffer à Lacédémone

déclarerent la Les Achéeng Guerre aux Lacédémoniens, du confentement de tous les Peuples, dont les Lac deine Chefs étoient dans l'Assemblée ; & niens,

déclarent la Guerre aux

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l’hyver seul empêcha qu'ils ne prissent
aulli-tôt les armes. Mais en attendant
ils commencerent au moins à ravager
leurs confins , &ày exercer mille brie
gandages , non-seulement par terre ,
mais encore par mer

en sortant de
leurs Vaifleaux d'où ils y faisoient fré-
quemment des descentes. Voilà les rais
sons, qui, comme on a dit , amenerent
le Consul dans le Pelopponnese : & par,
fon ordre l'Assemblée ayant été con-
voquée à Elide, les Lacedemoniens y
furent appellés pour plaider leur cau-
se. Les deux partis y soutinrent leurs
intérêts avec beaucoup de chaleur. Le
Consul parla d'une façon fort ambis
guë , comme un homme qui vouloit
ménager les uns & les autres. Mais
.voyant que la contestation dégénéroit

en invectives, il termina la dispute
d'un seul mot , en leur défendant les

voyes de fait, jufqu'à ce qu'ils eussent Les Achéens envoyé des Ambassadeurs à Rome pour & les Lace- apprendre l'intention du Sénat

qu'ils firent sans differer. Les exilés de des Ambassa- Lacédemone prierent les Achéens de

se charger aussi de leur caufe , & de la plaider leur défendre dans le Sénat., Les Achéens

nommerent pour leurs Ambassadeurs ... Diophanes & Lycortas cous deux Mes

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ce

démoniens envoyent

deurs å kome pour y

cause.

galopolitains. Mais ils porterent à Rome la même contrarieté de sentimens qu'ils avoient fait paroître dans le Gouvernement de leur République, & y parlerent d'une façon toute oppo. sée. Diophanes rendoit le Sénat Arbitre souverain des prétentions réciproques

des Achéens & des Lacédemoniens. Licortas au contraire, confora mément aux ordres de Philopemen demandoit que les Achéens pussent, en vertu du Traité, & suivant leurs Loix, executer tout ce qui auroit été résolu, dans leurs Assemblées ; & que les Romains leur conservassent dans toute son étenduë la liberté qu'ils tenoient. d'eux. Quoique les Achéens eussent alors un fort grand crédit à Rome , on ne voulut cependant rien changer à la situation presente des Lacédemoniens. Mais la réponse du Sénat fut tellement équivoque , que les Achéens crurent qu'on abandonnoit Lacédemone à leur discretion ; & que les Lacedemoniens se flatterent qu'on avoit refusé aux Achéens une grande partie de ce qu'ils avoient demandé.

Les Achéens uferent avec un orgueil & une licence excessive du pouvoir qu'ils s'imaginpient avoir reçû du Sé

nat. Ils continuerent la Préture à Philopemen ; & ce Général ayant levé des troupes , alla dès le commencement du Printems, camper sur les terres de Lacédemone. De-là il envoya des Ambassadeurs dans la Ville , & fit sommer fes Magiftrats de lui remettre les auteurs de la révolte , avec promesse de tes lailler en repos ,

s'ils obéissoient & d'entendre les accusés dans leurs défenses avant de rien ordonner con-. fr'eux. La crainte retint tous les autres dans le silence. Mais ceux qu'il avoit demandé nommément qu'on lui livrât, déclarerent qu'ils étoient prêts d'aller trouver Philopemen , & partirent en effet sur la parole que leur donnerent les Ambassadeurs , qu'on ne les condamneroit point sans les entendre. Ils furent accompagnés de quelques perfonnages illustres, qui alloient pour leur servir d'Avocats, & parce qu'ils croyoient que la cause des Accusés étoit celle de toute la République. Juf. qu'à ce jour-là les Achéens n'avoient jamais amené les exilés de Lacédemone avec eux sur les confins de cette Ville persuadés que leur presence ne pouvoit servir qu’à aigrir les esprits. Ce jour-là c'étoit eux qui étoient à l'ae

.

vant-garde de l'armée. Ainsi dès qu'ils Les Chefs apperçûrent les Lacedemoniens aux moniens sont portes du camp , ils ne manquerent pas outragés par de s'attrouper, & d'aller au-devant d'eux. D'abord ils les accablerent d'injures ; & la querelle s'échauffant davantage, les plus emportés se jetterent für les Lacedemoniens : & comme ceux-ci prenoient les Dieux à témoins de l'outrage qu'on leur faisoit, & alléguoient la promesse des Ambasadeurs fur la foi de laquelle ils étoient venus ; les Ambassadeurs & le Préteur lui-mê. me se mirent en devoir d'écarter les exilés, & de mettre les Lacedemoniens à couvert de leurs insultes , les arrachant des mains de ceux qui les vouJoient enchaîner.Mais tous leurs efforts ne firent qu'augmenter le desordre. Les Achéens accoururent d'abord comme à un spectacle. A leur vûë les exilés fe mirent à crier encore plus fort qu'auparavant, & à exagérer les maux qu'ils avoient foufferts les conjurant de leur donner secours & les allûrant que jamais ils n'auroient une plus belle occasion de se vanger. Ils ajoûtoient que les Lacedemoniens a étoient les seuls qui eussent violé le « Traité qu'on avoit mis comme un

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