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bréche, un noirveau mur ausfi solide que le premier. En second lieu , ils fajfoient fur les travaux des Alliégeans & fur les Afliégeans eux-mêmes, de fréquentes & vigoureuses sorties où ils avoient le plus souvent l'avantage. Le Consul eut recours, pour réprimer leur audace, à un moyen qui ne mérite presque pas qu'on en parle. Il fit

venir d'Egion, de Patras & de Dymes, Frondeurs une centaine de Frondeurs, accoûtuAcheens,

més dès l'enfance à lancer en pleine mer de ces cailloux ronds qui fe trouvent ordinairement sur le rivage parmi le fable. Par cet exercice ufité dans leur païs, ils apprenoient à jetter leurs piere Tes beaucoup plus loin , & d'une maim plus sûre de son coup , que les Frona deurs des Illes Baleares. D'ailleurs les poches ou bourses de leurs frondes n'étoient

pas

faites de deux branches feulement, comme font celles des Bas leares & autres Peuples qui en usent , mais d'un grand nombre de cordons cousus ensemble , pour être rendus plus fermes , afin que la balle ne pût glisser ou échaper pendant l'effort qu'on feroit pour la jetter , mais que restant immobile dans sa place, elle en fortît avec la même vigueur , que si ela

le eût été décochée par une Arbaleste. Accoutumés à donner d'une distance fort éloignée, dans un rond de médiocre grandeur, ils ne frapoient pas seulement les ennemis à la tête, mais en telle partie du visage qu'ils vouloient. Ces frondes ôterent aux Saméens l'audace avec laquelle ils faisoient de fi fréquentes sorties ; enforte qu'ils futent réduits à prier les Achéens de s'éloigner un peu de leurs murailles & d'être les spectateurs tranquilles de teurs combats avec les Romains. Same foûtint ce Siége pendant quatre mois entiers. Mais comme d'un fi petit nombre d'Assiégés, il n'y avoit point de jour qu'il n'en fut tué ou blessé quelques-uns , & que ceux qui restoient manquoient de force & de courage, les Romains passerent pendant la nuit pardessus le mur , & allerent s'emparer de la place publique , par la Citadelle appellée Cyatide ; carla Ville descend en panchant vers la mer du côté de l'Oc. cident. Les Saméens voyant les ennemis maîtres d'une partie de leur Ville, se réfugierent dans la grande Forteresse avec leurs femmes & leurs enfans ; & dès le lendemain s'étant rendus , ils furent tous vendus comme esclaves ,

Le Consul

nele.

& leur Ville pillée par l'armée victo-
rieuse.

Le Consul ayant réglé les affaires
passe dans le
l'eloppon-

de la Cephallenie , & mis Garnison
dans Samé , passa dans le Peloppon-
nese où il étoit appellé depuis long-
tems, surtout par ceux d’Egion & de
Lacédémone. Dès le commencement
les Peuples de l'Achase avoient tenu
les Assemblées générales de la Nation
à Egion , accordant ce privilege , ou à
la dignité de cette Ville , ou à sa situa-
tion avantageuse. Philopemen entre-
prit de changer cette année, une cou-
tume fi ancienne

& de faire porter
une Loi , en vertu de laquelle les Dié
tes se tiendroient dorénavant à tour de
rolle, dans toutes les Villes de l'Achaïe
qui avoient droit d'y envoyer leurs
députés Et à l'arrivée du Consul, mal-
gré les premiers Magistrats de ces Vil-
les qui vouloient s'assembler à Egion
suivant l'usage, Philopemen alors Pré-
teur de la Nation, convoqua les Etats
à Argos ou Fulvius qui voyoit
bien

que le plus grand nombre inclia noit de ce côté-là, se rendit lui-même malgré la bonne volonté qu'il avoit pour ceux d'Egion. Cependant l'affaire y. fut de nouveau mise en délibéra

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tion : mais ce Général remarquant que c'étoit une affaire décidée, n'insista

pas davantage en faveur des Egiens. Alors les Lacédémoniens le prirent pour ar-, bitre de leurs differens. Pour entendre dequoi il étoit question , il est bon de reprendre les choses de plus loin. Rien ne faisoit plus de peine aux Lacédémoniens, que de voir leurs exilés la plûpart établis dans les Châteaux des côtes maritimes de la Laconie qu'on avoit soustraites à leur dépendance. Indignés de cette injustice prétenduë , & dans le dessein de se donner quelque Port d'où ils eussent la liberté de faire partir les Ambassadeurs qu'il leur faudroit envoyer à Rome ou ailleurs , & en mê. me-tems pour y recevoir les marchandises étrangeres qui leur viendroient par mer , ils attaquerent pendant la nuit une place maritime appellée Lan, & s'en faifirent. Les habitans & les exilés qui y habitoient avec eux , furent d'abord effrayés de cette irruption imprévûë. Mais s'étant assemblés dès que le jour fut venu, ils chasserent aisément les Lacédémoniens. Leur entreprife , quoiqu'elle n'eût pas réülli , ne laissa

pas de répandre l'allarme tout le long de la côte ; ensorte que les habi

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Achiens con- teur

tre les Lace

tans des Châteaux & des Bourgs con jointement avec les exilés qui y demeuroient , envoyerent des Ambassadeurs aux Achéens

, pour se plaindre de la perfidie des Lacédémoniens.

Philopemen qui avoir toujours été favorable aux exilés, & n'avoit jamais. ceflé de conseiller aux Achéens d'abaisser la puissance & le crédit des Lacédémoniens , admit les députés dans l'Assemblée & leur donna Audience:

Quand on eût entendu leurs plaintes , Decret des on fit un decret à la réquisition du Pré

qui portoit que T. Quintius démonieris. » & les Romains ayant mis sous la pro

tection des Achéens les Châteaux &
» les Bourgs maritimes de la Laconie
» les Lacédémoniens n'avoient pû for-
»cer le Bourg de Lan, ni tuer une par-
ja tie de ses habitans fans violer le
» Traité : Qu'ainsi, à moins que pour
» réparation de cette injure , ils ne li-
» vrassent aux Achéens les auteurs de
» ces hostilités, & tous ceux qui y a-
» voient participé, dès-lors ils seroient
» regardés comme ennemis & traités
» comme tels. » Aussi-tôt Philopemen
envoya des Ambassadeurs à Lacédé-
mone pour
demander

que
les

coupables lui fussent livrés. Les Lacédémo

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