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oracles de ce Dieu en vers assez élégans. De-là en deux jours ils arriverent sur les bords du Fleuve nommé Harpase , où les députés des. Alabandois le vinrent trouver , pour le prier de remettre en leur puissance par leur autorité ou la force de leurs armes , un Château dont les habitans s'étoient. tout récemment révoltés contre eux. Athenée frere d'Eumenes & d'Attale s'y rendit aussi avec Leusus de Créte & Corragus de Macedoine. Ils lui ame. noient mille hommes de pied de diver-fes Nations & trois cens cavaliers:Le Consul envoya un Tribun des Soldats avec quelques troupes qui reprirent le Château de force , & le rendit aux Alabandois. Pour lui, sans se détourner du chemin, il-alla camper près d'Antioche sur le Meandre. Ce Fleuve prend sa source à Celenes, Ville autrefois capitale de Phrygie ; mais ses habitans en bâtirent depuis assez-près delà une nouvelle qu'ils nommerent Apamée du nom de la femme du Roi Seleucus. Le Fleuve Marsyas commence assez près des sources du Meandre dans lequel il se jette un peu plus loin. On dit que ce fut à Celenes que Marsyas: défia Apollon au combat de la Flúte;

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porter le bled

Le Méandre fortant d'un rocher élevé au-dessus de Celenes

, passe au milieu de cette Ville , & traversant la Carie & l’Ionie , s'en va tomber dans un Golphe entre Priene & Milet. Seleucus fils d’Antiochus vint dans le camp du Consul près d'Antioche , faisant ap

que
fon

pere s'étoit obligé par le Traité de fournir à l'armée des Romains. Il fit quelque difficulté d'en donner aux troupes auxiliaires d'Attale prétendant n'en devoir qu'aux Soldats Romains : mais le Conful par fa constance le força de se relacher sur ce point , ayant envoyé un Tribun dans les Légions faire défense aux Romains de rien prendre, que les troupes d'Attale n'eussent reçû leur part. Ils arriverent de-là à la Ville de Gordiutique, d'où, après trois campemens , ils vinrent à Tabes, Ville située sur les confins de la Pisidie , vis-àvis la mer de Pamphylie. Les habitans de cette contrée, avant qu'ils eussent reçû aucun échec, étoient fiers & belliqueux. Alors même ayant lâché leur cavalerie contre les Romains, ils cauferent quelque desordre dans leur marche au premier choc. Mais reconnoisfant bientôt qu'ils n'étoient égaux à

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eux, ni par le nombre, ni par la valeur, ils rentrerent dans leurs murailles , & envoyerent demander pardon de leur faute, offrant au Conful de lui rendre la Ville. Ils furent condamnés à payer vingt-cinq talens d'argent, & dix mille

mines de froment, moyennant quoi. on accepta leur propofition.

Trois jours après ils pouferent jufqu'à la riviere de Chaus, d'où ils allesent prendre d'affaut la Ville d'Eriza. De-là ils vinrent au Fort appellé Tabusion , bâti sur un Fleuve nommé Indus,depuis qu'un éléphant y avoit précipité un Indien. Ils n'étoient pas éloignés de Cibyre , & ne voyoient encore aucun Ambassadeur de la

part

de Moagetes tyran de cette Ville,

de cette Ville , l'hom- Moagetes me du monde le plus décrié pour ses cyrın de Cyr perfidies & ses cruautés. Cette fierté traité par le ou cette négligence obligea le Consul Conful. d'envoyer devant C. Helvius avec quătre milles hommes de pied & cinq cens chevaux

, pour fçavoir quelle étoit sa * On a dit quelque part un peu moins chez nous que la mine Grecque Me- ou le boiteau est plus fort dimnus , ou M dinnan, qu'il n'étoit à Rome. On Contenoit six boilseaux. peut encore évaluer dix Sur ce pied-la dix milles milles mines à cinq milles minnes font soixante milles septiers la même propor: buisseaux Romains, mais cion garde.

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DE LA

N vj

LYON

VILLE

229 * 489

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disposition. Cet Officier en entrantsur les terres du

tyran ,

rencontra les députés qu'il envoyoit au Consul pour lui déclarer qu'il étoit prêt à fé soumettre à tout ce qu'il voudroit : qu'il le prioit seulement d'entrer dans son païs comme ami , & d'empêcher: ses Soldats de le piller : & ils lui apportoient de la part une gratification de. * quinze talens. Helvius-lui promit qu'il garantiroit ses terres du pillage, mais lui ordonna d'envoyer des Ambassadeurs au Consul, ce qu'il fit. Mane lius ayant entendu de leur bouche le même compliment que Moagetes avoit fait à Helvius : votre Maître, leur dit-il, ne m'á encore donné. aucune preuve de fa bonne volonté envers les Romains ;. & j'apprends de tout le monde qu'il est d'un caractere à mé riter notre colere plutôt que notre amitié. Les députés effrayés de ce discours , répondirent au Consul que toute la grace qu'ils lui demandoient

* Le Latin dit une Cou- les Auteurs pour un don rone, Coronam : mais une une graiification, un hoCourone de ce poids se- noraire qu'on accorde vos roit énorme ; & on sçait lontairement à ceux de que le terme de Coona , qui on a reçà quelque fa Coronarium , ou Corolla- veur', ou à qui on veut rium fe.prend souvent dans faire honneur,

étoit qu'il voulut bien recevoir leur present, & permettre à Moagetes de le venir trouver , pour se justifier en personne des crimes dont ses ennemis lavoient accusé. Avec le consentement de ce Général, il vint le lendemain dans le camp, vétu & accompagné comme le particulier dont la fortune eût été des plus médiocres. Il parla à Manlius d'un ton humble , & d'une voix entre-coupée , exagerant

pauvreté & celle des Villes qui lui étoient soumises. Car outre Cibyre , il étoit maître de Sylée & d'Alimne. Il assuroit que de leurs dépouilles & des fiennes, tout ce qu'il pourroit tirer iroit à peine à vingt-cinq talens. « Ah ! pour le « coup, dit le Consul, voilà une impu- « dence qui ne se peut plus supporter.« Quoi ! après avoir tâché de m'en im-« poser par tes Ambassadeurs, tu viens a toi-même me tenir des discours pleins d'artifices & de mensonges pour me tromper ? Crois-tu-me persuader que « vingt-cinq, talens ruineront un tyran« aufli cruel & aussi avare que. toi? Si« dans trois jours tu ne m'en comptes a cinq cens , attends-toi de voir

attends-toi de voir ravager « tes campagnes ,.& d'être assiégé toi-« même dans ta Ville..» Malgré ces-mes

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