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dent grace, avoüerent franchement la. faute du Roi leur Maître, & il conjurerent les Sénateurs d'oublier ses égaremens ,, dont il étoit assez puni, pour

ne se souvenir que de leur clémence ;, La paix fai- & de vouloir bien ratifier la paix aux te avec An-conditions que L. Scipion leur Géné.

ral avoit dictées. Le Sénat y confen-
tit , & quelques jours après, le peuple.
confirma le tout par un decret. Le
Traité de Paix fut conclu folemnelle
ment dans le Capitole entre le Sénat &
le Peuple Romain d'une part, & Anti-
pater Chef de l'Ambassade & neveu.
d'Antiochus, de l'autre. Alors on don-
na Audience aux autres députés de
l'Asie, ausquels-on répondit en géné-
ral, que les Sénateurs,. fuivant l'usage .
de leurs ancêtres , envoyeroient dix.
Commissaires en Asie , pour y faire les.
Réglemens qui conviendroient , dont
relle feroit à peu près la substance :,
w.qu’Eumenes seroit mis en pofleflion
» de tous les païs qui avoient été sou-
» mis à Antiochus en deça du Mont
» Taurus, excepté la Lycie & la Carie
» jusqu'au Méandre , qui fercient ajoû-
»tées à la République des Rhodiens.
» que toutes les autres Villes de l'Asie
2.payeroient tribut à Eumenes, comme

elles avoient fait à Attalus. Mais que« celles qui avoient été soumises à An-« tiochus, seroient libres & exemptes ca de toute imposition. » Les Commissaires qu'on fit partir pour l'Asie , furent Q. Minucius Rufus , L. Furius Purpureo, Q. Minucius Thermus, Appius Claudius Neron , Cn. Cornelius, Merula , M. Junius Brutus, L. Auronculeius , L. Emilius Paulus, Pub. Cornelius Lentulus , & Pub. Elius Tuberon.

On laissa à ces Magistrats la liberté Réglemens de décider par eux-mêmes, les contef- faits en Alie tations qui ne pourroient être remises Comunistaià un autre tems. Mais voici ce que le Sénat ordonnoit en général : que la Lycaonie entiere , les deux Phrygies, la Myfie , les Forêts du Roi, les Villes. de la Lydie & de l'Ionie.,-excepté celles qui étoient libres le jour qu'on, avoit combattu contre Antiochus , & nommément les Villes de * Magnesie près de Sipyle, & de Carie surnommée Hydrela , avec le côté de son territoire qui s'étend vers la Phrygie , les Châteaux & Bourgs qui sont le long du Méandre, aussi bien que les Villes '* Ce sont en cet endroit deux Villes , & non deux.

res.

Psovinces,

à l'exception de celles qui avoient été libres ; Telmisse & les Forts des Telmilliens , excepté le territoire qui avoit appartenu à Ptolemée le Telmillien que toutes ces Provinces & Places fufsent données à Eumenes. On céda aux Rhodiens la Lycie , excepté Telmisse & les Forts des Telmilliens & le champ qui avoit appartenu à Ptolemée le Telmillien , qu'on n'accorda ni à Eumenes ni aux Rhodiens. On laissa encore à ces derniers cette partie de la Carie qui est dans le voisinage de leur Ifle au-delà du Meandre , les Villes , les Bourgs , les Châteaux & les Campagnes qui s'étendent vers la Pisidie à l'exception des Places qui avoient été libres la veille de la bataille qu'on avoit gagnée sur Antiochus. Les Rhodiens, après avoir rendu de très-humbles

graces au Sénat pour cette libéralité, lui representerent que les habirans de soles dans la Cilicie étoient originaires comme eux, de la Ville d'Argos ; qué pour cette raison ils les aimoient comme leurs freres , & demandoient au Sénat, comme une faveur 'extraordinaire , qu'il voulut bien délivrer cette Ville de la servitude du Roi. Là-dessus on appella les Ambassadeurs d'Antio

chus , à qui on communiqua la Rés quête des Rhodiens. Mais on ne pût jamais obtenir d'Antipater qu'il se relachât sur cet article. Il invoquoit la foi des Traités que les Rhodiens vouloient violer, en s'emparant au-delà du Mont Taurus , non-seulement de Soles , mais de toute la Cilicie. Les Sénateurs rappellerent les Rhodiens , & leur ayant fait connoître la résistance d'Antipater , ils ajoûterent que s'ils croyoient que la liberté de Soles importât à l'honneur de leur République, ils feroient tous leurs efforts pour vaincre l'opiniatreté des Ambassadeurs du Roi. Alors les Rhodiens redoublerent leurs remercimens, & dirent qu'ils aimoient mieux céder à l'orgüeil d’Antipater , que de donner occasion à la rupture du Traité. Ainsi Soles resta au. Roi.

Pendant que ces choses se passoient à Rome , il y vint des Ambassadeurs de la

part des Marseillois , qui apprirent au Sénat que le Préteur L. Bebius, en partant pour aller en son département d'Espagne , avoit été investi par les Liguriens qui avoient tué la plus grande partie de ceux qui l'accompagnoient , & l'avoient blessé lui-même,

Que ce 'Général s'étant fait porter & Marseille sans Licteurs , avec un petit nombre de gens , y étoit mort au bout de trois jours. Là-dessus le Sénat rendit un Arrêt, par lequel it ordonnoit à Pub. Junius Brutus qui commandoit en Toscanne en qualité de Propreteur, de laisser fa Province & fon armée à celui de ses Lieutenans qu'il voudroit choisir , & d'aller prendre le Gouvernement de l'Espagne ultérieure. Dès que Junius eût reçû cet Arrêt avec les Lettres du Préteur Sp. Poftumius, il. partit pour aller en Espagne. L. Emifius Paulus qui dans la suite gagna une victoire si célébre sur le Roi Persée mais qui l'année précedente avoit été battu dans cette Province, ayant ramassé une armée à la hâte , long-tems

avant que son successeur vint le relePaul'Emile ver , donna bataille aux Lusitaniens gagne une les vainquit & les mit en déroute, leur faille sur les tua dix-huit mille hommes , fit trois Lutitaniens mille trois cens prisonniers, & s'emen Espagne

para de leur camp: La nouvelle de cette victoire rendit le reste des Espagnols plus soumis & plus tranquilles. La même année, trois jours avant les Calendes de Janvier, les Triomvirs L. Valerius Flaccus M. Atilius Serra

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