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avoient débarqué leurs Troupes à Elée , & qu’un si grand nombre de Vaisseaux s'étoit rassemblé dans ce seul Port ; apprenant d'ailleurs que le Consul étoit déja arrivé dans la Macédoine , & qu'il se disposoit à passer l’Hellefpont ; persuadé qu'il ne devoit pas attendre à demander la paix , qu'il se. vit pressé par mer & par terre , il alla se camper sur une éminence vis-à-vis d'Elée. Il y laissa toute fon Infanterie ; & étant descendu avec sa Cavalerie qui se montoit à six mille hommes, dans une plaine située au-dessous des murailles mênies d'Elée, il envoya un Antiochus trompette à Emilius , avec ordre de lui envoye pro

poser la paix dire qu'il étoit venu pour lui faire des au Preteur propositions de paix.

Emilius , qui

la lui refule. Emilius, avant de lui répondre , fit venir Eumenes de Pergame , & tint avec lui un Conseil où il admit aulli les Rhodiens. Ceux-ci n'étoient pas opposés à la paix. Mais Eumenes soutint que dans les conjonctures presentes, ils ne traiteroient ni avec honneur , ni avec autorité. « Pouvons-nous honnêtement, dit-il, enfermés comme ce. nous sommes dans les murailles d'une Ville où l'on nous tient assiégés ,« recevoir les conditions qu'on nous u

js imposera ? Et après tout , qui les » approuvera , ces conditions, dont » nous serons convenus en l'absence s du Consul, sans l'autorité du Sénat s & du peuple Romain ? Et je vous ss prie , Emilius , de me dire ce que » vous prétendez faire après que vous » aurez conclu cette paix. Retourne» rez-vous sur le champ en Italie avec s votre Flotte & votre armée ? ou si >> vous attendrez ici que le Consul , le

Sénat & le peuple Romain vous ayent fait connoître leurs intentions? » fans doute que vous prendrez le derw nier parti. Il s'enfuit donc que vous » resterez en Asie, & que laissant-là la » Guerre pour laquelle on vous a en

voyé, vous remenerez vos troupes » dans les quartiers d'hyver , où elles » acheveront de ruïner vos Alliés as obligés de leur fournir des vivres ; 3) & cela pour recommencer tout de » nouveau , fi ceux de quinous dépen5 dons le jugent à propos, une Guerre » que nous pouvons, avec la protec» tion des Dieux, terminer avant l'hy» ver , fi nous la poussons avec vi» gueur,

fans perdre le tems à des » conférences inutiles. » On s'en tint

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au sentiment d'Eumenes ; & on répondit à Antiochus qu'avant l'arrivée du Consul on ne pouvoit écouter aucune. proposition. Ce Prince voyant qu'il n'y avoit point de paix à esperer vagea tout le païs autour d'Elée & de Pergame ; puis y laissant fon fils Seleucus, exerça les mêmes hostilités en chemin faisant , sur les terres d'Adramytte , & passa enfuite dans les plaines de Thebes , cette Ville dont Homere a tant parlé dans son Iliade où ses Soldats trouverent plus de bu. tin qu'ils n'avoient fait dans aucune contrée de l'Afie. Mais Emilius & Eumenes , ayant fait un grand circuit avec leurs Vaisseaux, vinrent au secours de la Ville.

Par hasard en ces mêmes jours, mille hommes de pied & cent cavaliers partis de l'Achase fous la conduite de Diophanes, vinrent aborder à Elée, où ils furent reçûs , au sortir de leurs Vaisseaux , par des Officiers que leur envoya Attalus, qui les introduisirent dans Pergame pendant la nuit. C'étoient tous Soldats vétérans & accoutumés à faire la Guerre ; & celui qui les commandoit avoit appris son métier, en servant fous Philonemenes, le

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pour lancer

plus grand Capitaine qu'il y eut alors dans la Grece. Cet Officier ne demanda que deux jours , tant pour faire reposer ses hommes & ses chevaux , que pour examiner les troupes des ennemis , & remarquer les tems & les lieux où ils faisoient leurs attaques & leurs retraites. Les gens de Seleucus paroissoient ordinairement au pied de la Colline sur laquelle la Ville est située. Ainsi ils avoient derriere eux toute la liberté de piller la campagne , personne ne fortant de la Ville des traits même de loin fur les Corps-de-Gardes des ennemis : & depuis que la crainte avoit obligé Attalus & les fiens de se renfermer dans leurs murailles, le mépris que les Syriens conçûrent pour les alliégés , les jetta dans la sécurité & la négligence. La plû part ne se mettoient pas en peine de tenir leurs chevaux fellés & bridés. Il n'en restoit qu'un petit nombre sous les armes tour à tour : tout le reste étoit dispersé dans la campagne, où les uns passoient le tems à jouer & à fe divertir, tandis que les autres cherchoient le frais & l'ombre pour boire & manger, ou pour dormir plus à leur aise. Diophanes ayant observé cette ma.

noeuvre du haut des murailles de Pergame , ordonna aux siens de prendre leurs armes, & de se tenir à la porte de la Ville prêts à executer les ordres qu'il leur donneroit. Pendant ce temslà il alla trouver Attale , & lui dit qu'il avoit dessein de faire une sortie sur les ennemis. Attale eut assez de peine à y consentir

, voyant qu'il alloit avec mille hommes de pied & cent cavaliers, en attaquer quatre mille trois cens, tant de l'une que de l'autre espece. Il sortit cependant , & fe posta assez près des assiégeans , en attendant l'occasion de fondre sur eux avec avantage. Ceux qui étoient dans la Ville regardoient l'entreprise de Diophanes comme un effet de fa folie plâtôt que de son audace : & les ennemis eux-mêmes ayant jetté les yeux sur fa troupe avec assez d'indifference, ne rabattirent rien de leur indolence accoutumée , fe mocquant au surplus de cette poignée d'hommes qu'ils voyoient paroître. Diophanes tint pendant quelque-tems fes gens tranquilles , comme s'ils n'étoient sortis de la Ville que par curiosité , & pour examiner ce qui se parsoit hors des murailles. Mais quand il s'apperçût que les ennemis ne gar

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