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COMPLÈTES

DE FLÉCHIER,

AVEC UNE NOTICE OU DISCOURS PRÉLIMINAIRE SUR LA VIE

ET LES OUVRAGES DE CE CÉLÈBRE ORATEUR,

PAR A.-V. FABRE DE NARBONNE,

PROFESSEUR A L'INSTITUTION SAINTE-BARBE.

TOME PREMIER.

ORAISONS FUNEBRES.

PARIS,

BOISTE FILS AINÉ, BERQUET, DUFOUR ET Cic.

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Je n'ignore point qu'on a tout dit sur cet homme célèbre, sur ce vertueux prélat, sur ce grand orateur qu'avec raison l'on peut appeler l'Isocrate du siècle de Louis XIV; mais, de tant d'ouvrages publiés depuis cent ans pour immortaliser la mémoire de cet ingénieux écrivain qui sut donner à notre langue cette harmonie, cette souplesse, ce nombre presque inconnu jusqu'alors dans la chaire évangélique, le seul discours de d'Alembert a triomphe du temps; encore est-il enseveli dans ce nombreux recueil d'éloges qui présentent tous la même physionomie, sans réflexions utiles ni pour le lecteur ni pour les jeunes ministres qui veulent suivre la noble mais pénible carrière de la prédication évangélique. On aperçoit et l'esprit et la main du philosophe et dans les louanges et dans la critique du secrétaire perpétuel de l'Académie ; le ton sec, froid et dogmatique du panegyriste ne fait aucune impression ni sur le coeur, ni sur l'esprit, et l'auteur nous

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Sauvres en

laisse tels que nous étions quand nous avons commencé la lecture de son ouvrage. L'oraison funebre de l'abbé de Jarry ne manque pas de mouvement; mais le style est souvent diffus, incorrect, sans nombre, sans mélodie : est-ce ainsi que Fléchier devoit être loué? Le discours qui précède l'édition de ses æuvres en 1778 n'est qu'une biographie; et dans ses détails l'auteur ne nous fait grâce d'aucun acte privé, public, politique ou religieux, intéressant ou non; mais pas un de ces traits qui font connoître l'homme et qui le montrent tel qu'il est quand, débarrassé de la représentation, il se trouve seul avec luimême, et qu'il n'a plus besoin de se composer et de réprimer les saillies de la nature.

Il nous reste donc une grande tâche à remplir, et j'avoue toute mon inquiétude en songeant aux difficultés que me présentent à chaque pas les, moeurs du siècle, les habitudes nouvelles de notre génération, celte propension de la littérature moderne à ne s'occuper que de questions politiques, cet entrainement général vers une existence mieux entendue, moins exposée aux caprices des individus, et moins dépendante des oscillations et des résistances que produisent des mains maladroites à faire mouvoir les ressorts compliqués d'une association contractée depuis tant de siècles, ressoris qu'il faut, je le sais , dépouiller

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