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E POETIS CHRISTIANIS

EXCERPTA

AD USUM SCHOLARUM EDIDIT,

ET PERMULTAS INTERPRETATIONES, CUM NOTIS GALLICIS

QUÆ AD DIVERSA CARMINUM GENERA
VITAMQUE POETARUM PERTINENT, ADJECIT

FÉLIX CLÉMENT,

MEMBRE DE LA COMMISSION DES ARTS ET DES ÉDIFICES RELIGIEUX

AU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES.

PARISIIS,

APUD GAUME FRATRES, BIBLIOPOLAS,

IN VIA DICTA CASSETTE; 4.

1854

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3-2-29 MRS

COM
BERMA
SEPTEMBER
17636

PRÉFACE.

I.

C'est du coeur que s'exhale la vraie poésie. En vain l'esprit est cultivé, l'imagination ornée, la langue respectée; en vain les lois de l'harmonie et du mètre sont observées fidèlement; si un battement du caur ne donne à tout cela le mouvement et la vie, un poème est sans valeur et sans portée, telumque imbelle sine ictu. Que l'âme du poète, déshéritée de la grâce et esclave de l'erreur, soit tourmentée de mauvaises passions et poursuive l'objet funeste de ses convoitises déréglées, ses vers iront, comme des flammes dévorantes, porter la dévastation dans le monde; confiés à la mémoire des générations, ils exciteront tour à tour à la haine, à la colère, à la révolte, au sarcasme, à la sensualité et à d'autres désordres. Mais, qu'au contraire, le poète n'ait d'autre passion que celle de la vérité et de la vertu; qu'il s'élève au-dessus des faiblesses du vulgaire; que la foi l'éclaire de son flambeau divin; que l'espérance l'invite à tourner ses regards vers le but suprême de la destinée humaine; que la charité surtout, cet amour des grands cours, échauffe et vivifie ses inspirations, et ses euvres, à quelque degré que son talent les place, produiront des effets salutaires, encourageront au bien, feront naître ici et là de belles

a.

aspirations, et lui gagneront enfin bien des amis inconnus.

En prenant la volonté, les croyances et la vivacité du sentiment, pour ne pas dire l'exaltation, comme points de départ de l'inspiration poétique, je réponds à ceux qui croient encore que les fictions du paganisme ont dicté de plus beaux vers que les réalités du christianisme : L'Hélicon et le Parnasse ont-ils inspiré plus de joie et fait couler plus de larmes que le Thabor et le Golgotha ? Les anciens eux-mêmes ont prouvé, par leur exemple, que la poésie n'est réellement grande et n'exerce une influence durable et civilisatrice qu'à la condition d'être liée étroitement à des croyances religieuses. Le génie religieux de Sophocle et la tendre piété de Virgile ont plus contribué à leur gloire que le récit des aventures de leurs héros. Quelle idée les anciens se faisaient du rôle des poètes, quand ils les appelaient les guides et les pasteurs des peuples, quand ils les respectaient comme les amis et presque les dépositaires des secrets des dieux! Si nos poètes comprenaient l'influence que les beaux vers exercent sur les âmes des jeunes gens, ils auraient sans cesse présents à l'esprit ceux de Juvencus, traduisant d'ailleurs les paroles divines :

Sed tamen infelix per quem generabitur error!
Qui verò e parvis istis deceperit unum,
Si sapiat, nectat saxo sua colla molari,
Præcipitemque maris sese jaculetur in undas.

Les arts sont les frères de la poésie : pourquoi refuser à celle-ci de puiser à la source où ceux-là ont trouvé leurs plus belles inspirations? Nos plus beaux monuments d'architecture sont nos temples; nos plus belles peintures représentent la naissance, les miracles, la mort, la résurrection et l'ascension de notre Dieu; notre plus

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belle musique est ce plain-chant séculaire dont les accents toujours anciens, toujours nouveaux, retentissent au même jour et aux mêmes heures dans toute la chrétienté.

Mais, grâce à Dieu, et en dépit de je ne sais quelles aveugles et secrètes répugnanees, la lyre chrétienne n'est jamais restée muette. Quoique les Psaumes, les Cantiques et les autres textes de l'Ancien et du NouveauTestament aient pu suffire à l'expression de nos sentiments chrétiens, une foule de poètes se sont efforcés comme à l'envi de composer des poèmes religieux, des liymnes et des cantiques. Saint Hilaire de Poitiers et saint Ambroise s'emparent des mètres antiques, et les font servir à la louange du vrai Dieu dans les temples; saint Prosper écrit son poème contre les ingrats; Tyro Prosper, dans des vers d'une touchante délicatesse, invite sa femme à supporter avec lui et en épouse chrétienne les épreuves de la vie présente; Severus Sanctus nous donne une première idylle chrétienne, dont la forme peut rivaliser avec celle des églogues du doux poète de Mantoue. Prudence n'a pas été seulement un grand poète chrétien, mais son imagination, la hardiesse de son pinceau et son énergie tout espagnole le placent au rang des poètes les plus heureusement doués. L'hymne Salvete, flores martyrum, quoique charmante par la grâce et le sentiment, ne donne qu'une idée fort incomplète des beautés dont le Combat spirituel, le Peristephanon et le Cathemerinon sont remplis. Paulin de Pella nous fait assister à l'existence aventureuse d'un jeune patricien que les invasions des Barbares et des malheurs privés convertissent au Christianisme. Saint Paulin de Nole nous révèle combien l'aimable simplicité de style, qui s'allie à la pureté de la pensée chrétienne, l'emporte sur les vieilles

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