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vraie. Voulez-vous qu'un homme insensé raisonne comme un sage? remettez à sa place ce qui vous paraît faux; alors vous le trouvez juste.

Voici deux beaux vers de Corneille : : :

Et qui veut tout pouvoir, doit savoir tout oser.

Et qui veut tout pouvoir, ne doit pas tout oser. Lequel des deux est vrai ? chacun l'est à sa place; et à la place l'un de l'autre, tous les deux seraient faux. Mors summum bonum , diis dene- . gatum, a dit Sénèque; et cette pensée, folle dans la bouche d'un sage, devient naturelle et vraie dans le caractère de Calypso, malheureuse d'étre immortelle,

Si la mort était un bien, dit Sapho , les dieux n'en seraient pas exempts. Ceci est d'un naturel plus commun, mais n'en est pas plus vrai; car la nort , qui serait un mal pour les dieux , pourrait être un bien pour les hommes.

Pline l'ancien a dit : Natura nihil hominibus brevitate vitæ præstitit melius. Cela semble outré.

Mais que Mérope dise : . Lorsqu'on a tout perdu , lorsqu'on n'a plus d'espoir, : La vie est un opprobre et la mort un devoir. Mais que Cérès, dans l'opéra de Proserpine,

dise:

;

Infortunée, hélas ! le jour m'cst odieux ;
Et je suis pour jamais condamnéc à la vie !

C'est là ce qui est dans la nature.

.

.

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Quoi qu'on vous dise, endurez tout , disait un héros à son fils. Quel héros, va-t-on s'écrier, qui donne le conseil d'un lache! Oui; mais ce lâche était Ulysse, qui allait bientôt lui seul exterminer tous les amants de Pénélope, et dont, en attendant, le coeur rugissait au-dedans de lui-même, comme un lion rugit autour d'une bergerie il ne saurait pénétrer : c'est ainsi que le peint Homère. - Les Spartiates, dans leurs prières , deniandaient aux dieux de pouvoir supporter l'injure; et du côté de la bravoure , les Spartiates nous valaient bien. Notre point d'honneur est le vice du héros de l'Iliade; et ce qui parmi nous déshonore un soldat, fut admiré dans Thémistocle. La valeur grecque se réduisait à vaincre ou à mourir en combattant pour la patrie; et Homère, qui fait essuyer tant d'injures à ses héros, n'a pas fait voir une seule fois, dans l'Iliade, un Grec suppliant dans le combat, ni pris vivant par l'ennemi.

Ce sont ces différences, nationales qu'il faut avoir éludiées pour juger les moeurs du théâtre. Que penserions-nous, par exemple, du poète qui ferait dire par le fier Alexandre ; que c'est acte de roi que de souffrir le bláme pour bien faire ?? Nous renverrions cette maxime à Fabius; et ces pendant elle est d'Alexandre lui-même. , . C'est une vérité rare , en fait de meurs, que celle du caractère d'Achille dans son entrévue avec Priam ; et à le juger par les mæurs actuelles,

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il paraîtrait bien étrange que le meurtrier d'Hector s'élablît le consolateur de son père, et lui tînt ce discours, qui, dans les meurs antiques et dans l'opinion de la fatalité, est si naturel et si beau. « Ah! malheureux prince , par quelles épreuves avez-vous passé? Comment avez-vous osé venir seul dans le camp des Grecs , et soutenir la présence d'un homme qui a ôté la vie à un si grand nombre de vos enfants, dont la valeur était l'appui de vos peuples? il faut que vous ayez un cenr d'airain. Mais asseyez-vous sur ce siége, et donnons quelque trève à notre affliction. A quoi servent les regrets et les plaintes ? Les dieux ont voulu que les chagrins et les larmes composassent le tissu de la vie des misérables mortels.... Mon père en est une preuve bien signalée : les dieux l'ont comblé de faveurs depuis sa naissance; sa fortune et ses richesses passent celles des plus grands rois... Il n'a de fils que moi , qui suis destiné à mourir à la fleur de mon âge, et qui , pendant le peu de jours qui me restent, ne puis être près de lui pour avoir soin de sa vieillesse ; car je suis éloigné de ma patrie , attaché à une cruelle guerre sur ce rivage, et condamné à 'être le fléau de votre famille et de votre royaume,

tandis que je laisse mon père sans consolation et sans secours. Et vous-même n'êtes-vous pas encore un exemple épouvantable de cette rité?... Mais supportez courageusement votre sort, et de vous abandonnez point à un deuil sans bornes : vous n'avancerez 'rien, quand vous vous désespérerez pour la mort de votre fils , et vous ne le rappellerez point à la vie, mais vous l'irez rejoindre, après avoir achevé de vider icibas, la coupe de la colère des dieux.'» C'est la ce qu'on appelle les mours locales et la vérité res lative..!!!".:

Le poète ne nous doit la vérité absolue, que lorsqu'il parle lui-même, ou qu'il donne celui qui parle, pour un homme sage, éclairé, verlueux, comme Burrhus, Alvarès', Zopire : dans tout le reste , il ne répond que de la vérité relative; et il est absurde de lui faire un crime de la 'scélératesse d’Atrée, de Narcisse, ou de Mahomet. C'est pourtant là ce qué ne manquent jamais de faire les cagols, les délateurs, les calomniateurs des talents, et surtout cette foule d'écrivains faméliques, plus impudents, plus méprisables , plus multipliés que jamais.

Vers. Le sentiment du rhythmé nous est si naturel, que, chez les peuples' même les plus sauvages, la danse et le chant sont cadencés. Or la poésie ancienne, dans sa naissance, était chantée : Illud quidem certum, omnem , poesin olim cantatam fuisse (Isaac Vossius ). La parole, accommodée au chant, fut donc aussi soumise à la mesure et à la cadence. Telle fut l'origine du vers métri. que des Anciens:

Tout vers métrique n'est pourtant pas régulièrement mesuré. Rappelons-nous d'abord que ce vers était composé de pieds ; et le pied , de syllabes, dont chacune était brève ou longue : la brève, y's; ne faisait qu'un temps dans la mesure; la longue , r, en valait deux. La mesure à trois temps était donc l'iambe, --; le chorée, -v; et le tribrache , www. Les mesures à quatre temps, les plus en usage;, étaient le spondée, --- ; le dactyle , -vw; et l'anapeste , '--. Avec l'intelligence de ces figures, on verra d'un coup d'oeil quelle était la forme des vers.. .. !

L'hexamètre était régulier et plein d'un bout à l'autre; et en même temps il était susceptible d'une variété continuelle, par la liberté qu'on avait d'y employer, dans les quatre premières mesures, ou le dactyle ou le spondée, Le cinquième pied seulement exigeait le dactyle, et le sixième le spondée : encore, si le caractère de l'expression ou l'harmonie imitative le demandait, pouvait-on inettre au cinquième piedʻle spondée au lieu du dactyle , qu'on plaçait au quatrième, et le vers alors s'appelait spondaïque, :: :.."Vers hexamètre.

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