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Attachez-vous à des idées saines et mûres. Ne semez pas du bois sur les chemins, pour dire, Ne soyez pas difficile à vivre, ne vous rendez pas embarrassant. En adorant, tournez autour de vous, pour dire, Voyez Dieu partout, et adorezle en toutes choses. · Les symboles de convention sont encore aujourd'hui une langue mystérieuse, et qui n'est entendue que des hommes instruits : c'est pour eux seulement que le pavot réveille l'idée de la fécondité; l'olivier, celle de la paix; la palme ou le laurier, celle de la victoire ; le lierre, celle du talent poétique; le cyprès , celle de la mort.

Mais comme l'instruction s'est répandue, cette langue est devenue plus familière et n'est plus une énigme pour un peuple civilisé. Quand le maréchal de Saxe, après la bataille de Fontenoi , revint en France, il voulut pour l'exemple , qu'à la barrière de Péronne ses équipages fussent fouillés, afin qu'on vît s'il n'y avait rien qui fût sujet aux droits d'entrée. Passez, Monseigneur, lui dit un commis , les lauriers ne paient rien. Je ne veux pas taire que pour ce mot les fermiers-généraux donnèrent au commis une gratification, qu'il n'aurait pas eue du temps des Turcarets, dont la pie était le symbole...

Chez les anciens on donnait par extension le nom de symbole à l'étiquette des vases, à l'empreinte des monnaies , aux mots de ralliement dans les guerres civiles , et à ce qu'on appelle le mot

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du guet dans nos armées. Le mot de ralliement de Marius était Le dieu Lare; celui de Sylla , Apollon delphique; celui de César, Vénus mère, Dans les camps, le mot de l'ordre était, comme aujourd'hui, donné aux sentinelles, et on le changeait tous les jours : c'était Palme, Gloire, Valeur, etc.

L'usage des symboles , établi une fois et transmis d'âge en âge, a donné lieu aux armoiries ; et cette institution, l'une des plus dégradées par la sottise et la vanité, était peut-être une des plus précieuses à conserver dans l'esprit de son origine : car le symbole était communément l'expression du caractère de celui qui en décorait ses armes, et un engagement public de ne se démentir jamais. Ce caractère, personnel au chef d'une famille, passait à ses enfants, avec ses arinoiries et avec la résolution d'être digne de les porter. Ainsi dans chaque race il y avait un type de meurs, j'entends de vertu militaire, car on n'en connaissait pas d'autre; et de la part de la noblesse , c'était un garant pour l'Etat de son ardeur à le servir.

Cet usage est d'une antiquité très reculée. On dit qu'à la guerre de Thèbes chacun des chefs avait sur ses armes un symbole particulier : Polynice , un sphins; Capanée , une hydre; Amphiaraüs, un dragon, etc. A la guerre de Troie , si l'on en croit Homère, Agamemnon avait de mênte sur son bouclier un lion; Ulysse , un dauphin;

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Hippomédon , un Typhon vomissant des feux. Le symbole dAlcibiade était un Amour la foudre à la main. ..

Dans la guerre de Marius contre les Cimbres et les Teutons, on observa que ces barbares portaient sur leurs armes des figures de bêtes féroces. Marius lui-même avait un aigle sur son bouclier; et l'aigle commença dès lors à être l'enseigne des Romains , qui jusque-là n'avaient porté que le manipule pour étendard. Les légions prirent aussi des enseignes particulières, et sur ces enseignes des figures diverses, de loup, de cheval, de chevreau, de minotaure, etc. Le cachet de Pompée, que César reçut en pleurant, portait l'image d'un lion tenant une épée. César luimême avait pris pour symbole un papillon avec une écrevisse , pour réunir les deux idées de célérité et de lenteur. Il y avait aussi sur son cachet un sphinx , symbole de la pénétration et du mystère dans les projets. On sait que dans la suite il prit sur son anneau l'image d'Alexandre, l'objet de son émulation.

Les nations eurent aussi leurs symboles particuliers : les Athéniens, l'oiseau de Minerve; les Thébains, l'image du sphinx; les Perses, un aigle d'or, ou l'image du soleil. Les nations modernes ont suivi cet usage : les Suisses ont pour symbole des ours; les Belges , des lions ; les Anglais, des léopards, etc.

Les rois, les princes, les guerriers avaient aussi leur symbole : la mode en est passée (voyez DeVISE ). Ce qui en reste est en armoiries : mais les armoiries nouvelles n'ont plus de caractère , et ne signifient plus rien ; leur bon temps fut celui de la chevalerie , et ce temps est fort loin de nous : je dis de nous, moralement parlant ; car nous avons encore et des Renauds et des Bayards.

Élém. de Littér. IV.

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TEMPÉRÉ. Genre d’éloquence qui tient le milieu entre le sublime et le simple. On peut voir , dans l'article Sublime , que Cicéron , en définissant le genre tempéré, ne lui accorde que la facilité, l'égalité , et quelques légers ornements. Ailleurs pourtant il reconnaît que c'est à lui que sont permises toutes les parures du style. Datur etiam venia concinnitati sententiarum ; et arguti, certique, et circumscripti verborum ambitus conceduntur: de industriaque, non ex insidiis , sed aperte ac palam elaboratur, ut verba verbis quasi dimensa etparia respondeant ; ut crebro conferantur pugnantia , comparentur contraria , et út pariter extrema terminentur cumdemque referant in cadendo sonum. ( Orat.)

Comment accorder ici avec lui-même ce grand maître de l'éloquence, me demandez-vous ? Le voici. Il a permis à l'éloquence tempérée ou médiocre, de se parer , lorsqu'elle n'aurait pour objet que le soin de plaire, comme dans les écoles des sophistes et dans les harangues publiques des rhéteurs, faites pour amuser un peuple ; mais à cette même éloqnence , il a prescrit d'être modeste et réservée dans sa parure , lorsqu'elle se

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