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F, m, m, f; m, m.
Soit que de ses douces merveilles
Sa paroles enchante les sens ,
Soit que sa voix, de ses accents,
Frappe les cours par les oreilles;
A qui ne fait-elle avouer
Qu'on ne la peut assez louer ?

. (MALHERBE.)
F, f, m;f, f, m.
Vous avez vu tomber les plus illustres têtes ,
Et vous pourriez encore, insensé que vous êtes,
Ignorer le tribut que l'on doit à la mort !
Non, non, tout doit franchir ce terrible passage :
Le riche et l'indigent, l'irnprudent et le sage,
Sujets à même loi, subissent même sort...

(Rousseau.) Cet enlacement est celui que Malherbe et Rousseau, dans la stance de six vers , ont le plus frée quemment employé, comme le plus harmonieux.

Les autres coupes du sixain ont été comme rebutées ;

M, f, m;f, m, f.
M, m, f; m, m, f.
M, f, f; m, f, f. .
F, m, m;f, m, m.
M, m, f; m, f, m.

et la dernière est la seule qu'on trouve dans i Rousseau, encore n'est-ce qu'une fois :

Renonçons au stérile appui

Des grands qu’on implore aujourd'hui :
Ne fondons point sur eux une espérance folle.

Leur pompe , indigne de nos voeux,

N’est qu'un simulacre frivole; .
Et les solides biens ne dépendent pas d'eux. ...

Stances de sept vers. La stance de sept vers est composée d'un quatrain et d'un tercet , en sorte que l'une des deux rimes de la première partie est redoublée dans la seconde.

F, m, m, f; m, f, m.
L'hypocrite, en fraudes fertile ,
Dès l'enfance est pétri de fard :
Il sait colorer avec art
Le fiel que sa bouche distille ;
Et la morsure du serpent

Est moins aiguë et moins subtile
Que le venin caché que sa langue répand.

(Rousseau.) Dans la troisième et la huitième du troisième livre des Odes de Rousseau , l'entrelacement est encore le même; et en effet c'est la seule façon de rendre harmonieuse la stance de sept vers.

Stances de huit vers.

Les Italiens divisent leur octave en un sixain et un distique.

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Mais la coupe la plus naturelle de la stance de huit vers, est celle qui la divise en deux quatrains , ou sur des rimes redoublées, comme dans ce chœur de Cyclopes , - Travaillons, Vénus nous l'ordonne.

Excitons ces feux allumés,
Déchaînons ces vents enfermés :
Que la flamme nous environne;
Que l'airain écume et bouillonne,
Que mille, dards en soient formés ;
Que sous nos marteaux enflammés,
A grand bruit l'enclume résonne.

( Rousseau.) ou sur deux rimes différentes, comme dans ces vers :

La campagne a perdu les fleurs qui l'embellissent;
Les oiseaux ne font plus d'agréables concerts;
Les bois sont dépouillés de leurs feuillages verts :
Nest-il point encor temps que mes craintes finissent?

Qui peut empêcher le retour
De ce jeune héros , si cher à ma mémoire ?
Hélas ! n'a-t-il donc point assez fait pour la gloire ?
Et ne doit-il rien à l'amour ?

. . . (DeSHOULIÈRES. )

Stances de neuf vers. Elle se divise en un quatrain , et une stance de cinq vers :

F, m, f, m; f, f, m, f, m.
De la veuve de Sichée
L'histoire vous a fait peur :
Didon mourut attachée
Au char d’un amant trompeur,

Mais l'imprudente immortelle
N'eut à se plaindre que d'elle ;
Ce fut sa faute, en un mot:
A quoi songeait cette belle
De prendre un amant dévot ?

(Rousseau. )

M, f, m, f; m, m, f, m, f.
Homère adoucit mes mæurs
Par ses riantes images;
Sénèque aigrit mes humeurs
Par ses préceptes sauvages.
En vain, d'un ton de rhéteur,
Epictète à son lecteur
Prêche le bonheur suprême;
J'y trouve un consolateur
Plus affligé que moi-même.

(Rousseau. )

Dans le genre gracieux et badin, cette forme a quelque chose de plus libre et de plus léger que le dixain dont je vais parler tout à l'heure.

Stances de dix vers. C'est ici la forme la plus harmonieuse de la stance française; elle se construit régulièrement de deux manières.

F, m, f, m; f, f, m;f, f, m.

F, m, m, f; m, m, f; m, f, m. La première est en même temps la plus symétrique et la plus majestueuse.

Héros cruels et sanguinaires ,
Cessez de vous enorgueillir

De ces lauriers imaginaires
Que Bellone vous fit cueillir.
En vain le destructeur rapide
De Marc-Antoine et de Lépide
Remplissait l'univers d'horreur;
Il n'eût point eu le nom d'Auguste,
Sans cet empire heureux et juste
Qui fit oublier ses fureurs.

(Rousseau.)

La seconde coupe est encore belle; mais elle n'a ni la même pompe, ni la même impulsion. On en voit un exemple dans l'ode où ce même poète nous peint les vertus d'un bon roi : .

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. Le vers qui donne le plus de nombre et de majesté à cette grande période, c'est le vers de huit syllabes; et dans Malherbe on en voit des exemples que Rousseau n'a pas surpassés. Quelquefois même le vieux poète a je ne sais quoi de plus antique dans ses tours et dans ses mouvements, et de plus approchant de la verve d'Horace.

erve

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