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les hommes. Nous ne voulons enfin ni attaquer, ni nous venger d'une erreur commise à notre égard en défendant à notre tour à toute la chrétienté de lire les Saints Évangiles; mais nous voulons au contraire dire à cette chrétienté de lire avec nous ces livres sacrés, puis de prononcer entre le tribunal trois fois saint de Rome, et celui trois fois hérétique de la raison humaine, lequel a droit, et, par conséquent, lequel a raison.

Nous puisons nos documents dans l'ouvrage ayant pour titre Nouveau Testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ, traduit selon la vulgate enrichie d'amples concordances, etc. A Paris, chez Jean-Baptiste Lemesle, rue Vieille-Boucherie à la Minerve, 1735.

On peut vérifier l'exactitude de nos citations, non pas dans ce livre seul, mais dans tous les Évangiles plus modernes, qui sont en parfait accord avec ces citations, notamment ceux publiés par M. Lemaitre de Sacy, en 1849, distribués à toute la catholicité avec profusion, ou sauf quelques corrections de langage et interversion des versets, on trouvera la même exactitude au fond.

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SAINTS ÉVANGILES

AU TRIBUNAL DE LA RAISON HUMAINE

Suivis des

ÉVANGILES DU XIX SIÈCLE.

Nous commençons par nier catégoriquement que le Christ est Dieu, dans l'acception religieuse de ce mot; nous ne l'admettons soit allégoriquement, soit physiquement, que pour Fils de Dicu, notre égal en naissance, nous ap-puyant à ce sujet sur ce qu'il en dit lui-même ainsi que ses his→ toriens, dans les ÉVANGILES.

Nous lisons dans Matthieu

Chap. 7, v. 24. « Tous ceux qui m'appellent le Sei→ gneur n'entrent pas pour cela dans le royaume des cieux; mais celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux entrera dans les cieux.

Chap. 8, v. 20. Jésus dit: Les renards ont des ta nières, les oiseaux de l'air ont des nids, et le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. »

Chap. 16, v. 16. a Simon Pierre, prenant la parole, dit (à Jésus): Vous êtes le Christ, le fils du vrai Dieu vivant. »

V. 17. « Mais Jésus lui répondit: Vous êtes heureux; Simon, fils de Jean, parce que ce n'est pas la chair

ni le sang qui vous l'ont révélé, mais mon père qui est dans les cieux. ・・

OBSERVATION. Un Dieu ne rirait pas ainsi de la simplicité d'enfants qu'il vient instruire.

Chap. 18, v. 44. De même que la volonté de votre père qui est dans les cieux est qu'il ne périsse pas un seul de ses petits. ».

OBS. Par cette révélation, Jésus, enseignant aux hommes que Dieu leur père est dans les cieux, ne leur dit pas assurément que c'est Dieu même qu'ils ont devant eux. Il leur enseigne en plus qu'il n'est pas le seul fils de Dieu, puisqu'il leur dit que Dieu leur père est dans les cieux, ce qui est les admettre comme des frères, fils de Dieu à n'en pouvoir douter.

Chap. 26, v. 42. « Il s'en alla encore prier une seconde fois en disant: mon père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite. >>>

OBS. Ce qui est reconnaître qu'il fait une chose qui lui répugne; quoi donc peut répugner à un Dieu, et surtout à un Dieu auteur de ce qu'il fait ? S'il le fait par amour pour ses créatures, c'est que cela lui convient; s'il le fait forcément, qui le force? Une chose faite par force n'est plus une chose faite par amour.

Chap. 27, v. 46. Jésus étant sur la croix, sur la neuvième heure, jeta un grand cri en disant: Eli, Eli, jam masa bacthani? c'est-à-dire : Mon Dieu! mon père, pourquoi m'avez-vous abandonné? »

OBS. Comment, d'après ce verset de l'historien

Matthieu, oserait-on douter que Jésus fut assez igno rant de son individualité pour se prier lui-même, s'il était vraiment Dieu ? Comment, en plus, eût-il été assez déguisé dans sa prière pour tromper ainsi les hommes sur son identité, puisqu'il vient exprès, dit-il, pour leur faire connaître le vrai Dieu, qui, d'après ce fait, serait lui-même! Avouons que ce subterfuge ne serait pas digne d'un sage qui se dit être la lumière même... une semblable lumière serait passablement ténébreuse.

Consultons Luc pour voir s'il est d'accord sur cette question avec Matthieu; nous lisons:

Chap. 10, v. 21. « A cette heure même Jésus tressaillit de joie dans le Saint-Esprit (ou extase, ce qui est tout un), et il dit: Je vous bénis, mon père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents et que vous les avez révélées aux petits; cela est ainsi, mon père, parce que vous l'avez voulu. »

OBS. Il est impossible qu'un être qui aurait quelque conscience de ce qu'il est et de ce qu'il dit, osât se bénir d'avoir très-bien fait ce qu'il a fait. L'humilité ne peut-être ignorée de Dieu. C'est de ce verset que les philosophes alchimistes ont voulu s'emparer pour prouver que le Christ était un des leurs, vu que cette science, qui rachète l'homme de l'état mortel, disent-ils, est le plus souvent le partage des humbles et des ignorants que celui des superbes et des savants. Ce verset le donne à penser, car Dieu ne peut vouloir

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