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Il n'y a qu'une voix fur le mérite de cet ouvrage, Monfieur de Tillemont certifie, dans l'avertiffement du I. volume de fon Hiftoire Eccléfiaftique (p. 9.), éorit 40 ans après la premiere édition de la Concorde de Monfieur Arnauld, qu'elle a été reçue avec une approbation générale, de l'aveu même de ceux qui en ont voulu depuis faire de nouvelles. Il ajoute, dans fa troifieme lettre au P. Lami (T. 2 in fine, p. 72), qu'elle eft la plus approuvée de toutes, au ju gement même de ce Pere. Le P. Mauduit, dans la préface de fon Analyfe des Évangiles, avoue qu'il a fuivi ordinairement la Concorde de M. Arnauld, comme la plus exacte; mais qu'il l'a néanmoins abandonnée dans quelques occafions. Enfin le favant auteur de la préface de la Bible de Liege, (édit. de 1742,) en donnant la Concorde de M. Arnauld comme la meilleure qui eût paru jus qu'alors, ajoute qu'elle eft feule capable d'accorder toutes les contradictions apparentes que les Athées, les Infideles, & quelques Hérétiques prétendent trouver dans les narrations des quatre Evangéliftes.

Quoique la Concorde latine & la françoise aient M. Arnauld pour auteur, nous nous contenterons de donner la prémiere, comme plus complette, pour ne pas furcharger le public d'un ouvrage d'ailleurs très-répandu.

ARTICLE III

Remarques fur les principales erreurs d'un livre intitulé: L'ancienne nouveauté de l'Ecriture Sainte, ou l'Eglife triomphante en terre, &c, (I. Claffe. N°. 111. )

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Ces remarques furent compofées dès 1657; mais on ne les imprima qu'en 1665, à Paris, chez Pierre Promé, in-12. Quoique MM. Petit-pied & Faure, dans leur approbation du 18 Février 1664, faffent auteur de cet ouvrage, le Sieur de Bonneval, Eccléfiaftique, on eft affuré qu'il eft de M. Arnauld. Il lui eft attribué formellement dans l'hiftoire abrégée de fa vie par le P. Quefnel (a); dans la vingt-fixieme des nouvelles lettres de M. Nicole (b), & ailleurs. L'écrivain que M. Arnauld réfute, eft le Sieur Nicolas Charpy de Sainte Croix, fameux vifionnaire & fanatique. Il étoit né à Sainte Croix, village fitué près de Louhans, dans la Breffe Châlonnoife (c). Le célebre hiftorien Eudes de Mézeray, qui l'avoit connu, le peint ainfi : Il avoit été, dit-il, Sécretaire de M. de Cinq,, Mars, & il étoit hors de fervice quand il fut arrêté à Narbonne. Il s'étoit mêlé de bien des chofes. En 1648, il avoit fait un faux fceau. Deux de fes " compagnons furent pris. Un mourut en prifon; l'autre s'évada durant la » guerre, par un trou de la Conciergerie, avec 80 autres prifonniers. Ils avoient ,, accufé Charpy, qui fut pendu en effigie à la Greve. Il fe tint caché pendant près d'un mois, dans une cave, jufqu'à ce que la Cour eût fui de Paris durant la nuit. Dans ce défordre il gagna une guérite, & fe réfugia en » Savoye, où il prit le nom du lieu de fa naiffance. Revenu depuis en France, il fut accueilli à la Cour, & entra dans le Miniftere." Nous voyons en effet que dans un éloge du Cardinal Mazarin, qu'il a écrit & publié en la tin, il prend le titre de Confeiller d'Etat. Mézeray ajoute : Maintenant il est tombé en dévotion enthousiastique, & fait le Prophete. On en voit la preuve dans deux de fes livres. Le Hérault de la fin des temps, ou l'Hiftoire de l'Eglife triom

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(a) Premiere édit. page 91. Seconde édit. page 108.

(b) Voy. la vie de M. Nicole, par M. l'Abbé Gouget, p. 166, &c.

(c) Voy. le dict. de Moreri, derniere édit. article Sainte Croix.

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phante, in-4. de huit pages feulement, imprimé, fans date, à Paris, par Guillaume Defprez; & l'Ancienne nouveauté, &c. dont il s'agit ici.

Charpy, malgré l'attachement qu'il paroiffoit avoir à fes nouvelles opinions, eut affez de modeftie pour defirer de favoir le fentiment de M. Arnauld fur ce fecond écrit. Dans cette vue il le communiqua à M. Nicolas Thibouft, Prêtre, Chanoine de S. Thomas du Louvre, dont le Chapitre fubfifte aujourd'hui dans l'Eglife de S. Louis du Louvre. M. Thibouft, pour fe conformer à fes intentions, remit l'ouvrage à M. Arnauld, qui l'examina, & le renvoya à fon ami, avec les Remarques que nous remettons au jour. Il y joignit la lettre fuivante, datée du 28 Juillet 1657. (a)

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Monfieur. Je vous envoie des Remarques fur le livre que vous m'avez adreffé, de la part d'une perfonne que je n'ai pas l'honneur de connoitre, & que vous me témoignez néanmoins avoir defiré de favoir le jugement que je ferois de fon ouvrage. Je vous avoue que cette déférence m'a embarraffé, & que fi je n'avois confulté que les regles de la civilité ordinaire, j'aurois plutôt cherché des excufes pour ne rien dire, que de m'engager à dire des chofes qu'on pourroit juger ne lui être pas favorables. Mais je croirois lui faire tort, fi je penfois qu'il eût demandé de moi une complaifance ,, humaine, & non pas une déclaration fincere de mes fentiments fur fon livre. J'efpere qu'il les prendra de cette forte; & qu'il me fera l'honneur de croire que l'éloignement que j'ai de fes penfées, qui me paroiffent contraires à la vérité, n'empêche point que je ne reffente pour lui au fond de mon cœur, toute l'affection qu'on peut avoir pour une perfonne qu'on ne con"noît qu'en J. C. en qui tous les fideles, quelqu'inconnus qu'ils foient en"tr'eux, ne laiffent pas d'être étroitement unis. Je fuis, &c.

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Les Remarques de M. Arnauld, que M. Nicole (lettre XXVI.) appelle folidement feches, & féchement folides; mais juftes & bien faites, n'empêcherent pas le Sieur de Sainte Croix de faire imprimer fon ouvrage cette même année. Mais il en profita dans la fuite; & felon le P. Quefnel, qui pouvoit en être bien informé (Hilloire de la vie des ouvrages de M. Arnauld) il renonça aux vifions dont fon livre eft rempli. Ce qu'il y a de certain; c'eft que les Remarques de M. Arnauld fur fon écrit, furent bien accueillies du public, lorfque M. Nicole les mit au jour, avec l'avertiffement court, mais très-fenfé, que l'on voit à la tête.

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Voici le jugement qu'en porte l'auteur du Journal des Savans, du lundi premier Mars 1666. Nous le rapportérons dans fes propres termes.

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En 1657, dit le Journaliste, il parut un livre fans nom d'auteur (b), ni d'Imprimeur, intitulé: L'ancienne Nouveauté de PEcriture Sainte, qui contient des prédictions de ce qui doit arriver à l'Eglife, jufqu'à la fin du monde. La doctrine qui y eft enfeignée, n'ayant pour fondement que les rêveries de fon auteur, eft plus extravagante que dangereule; car ce nouveau Prophete s'eft imaginé que l'Antechrift doit naître dans ce fiecle, & qu'après qu'il aura excité une cruelle perfécution contre l'Eglife, fa puiffance fera détruite par un Roi de Juda, auquel il donne la qualité de Lieutenant Géné ral de J. C. fur la terre. Il prétend que fous fon regne, les Juifs fe con

(a) Cette léttre fut publiée dans la feconde édition des Remarques, &c. en 1735.

(b) Son nom étoit défigné par les lettres initiales, à la fin de l'ép, dédicat. N. C. D. S. C..

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vertiront à la foi chrétienne, qu'ils rétabliront le temple de Jérufalem, & » qu'ils deviendront les maîtres de toute la terre; qu'enfin, deux mille ans après l'afcenfion de J. C. tous les hommes feront rétablis dans la justice originelle, & qu'ils pafferont, fans mourir, de la terre au ciel. Il tire toutes ces » prédictions du rapport qu'il y a entre le corps naturel de J. C. & fon corps myftique, qui eft l'Eglife: & comme il veut que J. C. foit reffufcité 40 heures après fa mort, & qu'il ait apparu huit heures après à fes difciples, il fou tient qu'il enverra fon Lieutenant-Général au bout de 40 heures, & viendra en perfonne à la quarante-huitieme; c'eft-à-dire, après deux mille ans, à prendre mille ans pour 24 heures. Voilà quelle eft la doctrine du livre de l'Ancienne Nouveauté de l'Ecriture-Sainte, que l'auteur a ainfi intitulé, pré» tendant que fon opinion eft nouvelle, parce qu'il eft le premier qui l'a enfeignée; mais qu'en même temps elle eft auffi ancienne que l'Ecriture-Sainte, où elle étoit demeurée cachée jufqu'à préfent.

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C'étoit affez de rapporter ces rêveries, pour les réfuter. Néanmoins, parce » qu'il s'eft trouvé dans ce fiecle plufieurs perfonnes (telles que Simon Morin, & Defmarets de S. Sorlin,) qui fe font formé de femblables chimeres, un favant homme, qui n'a pas voulu fe faire connoître, fit la même année des Remarques fur ce livre, lefquelles ayant long-temps couru manuscrites, furent enfin imprimées l'année précédente. L'auteur de ces Remarques montre premiérement que, fi cette doctrine eft ancienne, elle doit être prouvée par la Tradition perpétuelle de l'Églife; & que, fi elle eft nouvelle, elle doit être autorifée par des miracles. Enfuite il fait voir que ces anciennes nouveautés ne font qu'un mélange d'anciennes & de nouvelles erreurs. En effet cette doctrine tient beaucoup du Judaïfme: car elle eft établie fur les mêmes paf» fages dont les Juifs abufent pour prouver le regne temporel du Meffie qu'ils attendent. Elle a auffi quelque rapport avec l'héréfie des Millénaires, qui s'imaginoient que J. C. devoit revenir fur la terre, & qu'il combleroit les fideles, pendant mille ans, de toutes fortes de biens temporels. Et elle ajoute à ces anciennes erreurs, les extravagances d'une nouvelle fecte, qui s'éleva en 1645, & qui fut appellée la Secte des Apocalyptiques, parce qu'elle étoit principalement fondée fur des paffages de l'Apocalypfe.

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Enfin l'auteur de ces Remarques, après avoir fait plufieurs autres belles réflexions fur cette nouvelle doctrine, montre la fauffeté du principe d'où elle eft tirée. Car il foutient, qu'il n'eft pas véritable que J. C. foit réffuf cité 40 heures après fa mort, ni qu'il ait apparu huit heures après à fes difciples, puifqu'il ne fut dans le tombeau que 37 heures au plus, & qu'il n'a apparu à fes difciples que 12 ou 13 heures après fa réfurrection. Mais » quand le fondement de ces rapports feroit véritable, une fimple analogie ,,ne fuffiroit pas pour faire croire des nouveautés fi contraires à la doctrine, » qui a été jufqu'à préfent reçue dans l'Églife. "On peut voir encore fur le même fujet, je veux dire fur la perfonne & les opinions de Charpy de Sainte Croix, le judicieux avertiffement qui précede la premiere des lettres de M. Nicole, intitulées : Les Vifionnaires; & la plus grande partie de cette premiere lettre elle-même.

L'écrit de Monfieur Arnauld étant devenu fort rare, feu Monfieur l'Abbé Débonnaire crut devoir le faire réimprimer en 1735 in-12 à Paris, chez Barthelemi Alix, fur un manufcrit, dit-il, plus exact que celui fur lequel M. Nicole avoit procuré la premiere édition; mais qui dans la vérité, n'en differe que par une courte addition, faite quelques lignes avant la fin du n°. V. On au

roit quelque obligation à M. Débonnaire de fa nouvelle édition, s'il ne l'eût pas gâtée par une longue préface, accompagnée de notes, où fe livrant lui: même à fes propres vifions, il ofe faire l'application la plus odieufe & la plus injufte des extravagances du Sieur de Charpy à ceux qu'il appelle les Figuriftes de nos jours. On fait que cet Écrivain, qu'une mort fubite enleva à Paris dans le jardin du Luxembourg, le 28 Juin 1752, a fait oublier le petit nombre de bons ouvrages qu'il nous a donnés, par une multitude d'autres, qui ne font guere remarquables que par les paradoxes dont il les a remplis, & par le ton de confiance avec lequel il les à débités. (a)

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RECUEIL

Des principales Approbations & des fuffrages les plus remarquables, en faveur de la perfonne des ouvrages de M. Arnauld.

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Avis fur ce Recueil.

N verra dans ce recueil le fuffrage des Papes, des Cardinaux, des Evêques & des autres perfonnages les plus diftingués dans l'Eglife Catholique, par leur fcience & par leur piété, durant tout le cours de la vie de M. Arnauld. Nous y avons joint le jugement qu'ont porté du même auteur de fes ouvrages, des favans célebres de tous les pays de toutes les communions. Nous aurions pu en recueillir un beaucoup plus grand nombre; mais nous nous sommes bornés à ceux dont le jugement nous a paru plus remarquable, & d'un plus grand poids. On peut dire, à la feule vue de ces fuffrages, que s'il n'y a point eu d'Écrivain qui ait été plus calomnié par ses adverfaires, il n'y en a point auffi qui ait été plus eftimé & plus applaudi par toutes les perfonnes impartiales, de quelque ordre de quelque qualité que ce foit. Y a-t-il, par exemple, un feul Auteur dont les ouvrages aient été accompagnés d'un fi grand nombre d'approbations, & d'approbations aufi honorables, que l'ont été le livre de la Fréquente Communion,

celui de la Perpétuité de la foi? Quoique les approbations du premier se trouvent à la tête de l'ouvrage même, nous avons cru en devoir donner ici la liste, &y joindre les principales pieces approbatives du même écrit, poftérieures à sa publication, dont la plupart n'ont jamais vu le jour. Comme toutes ces pieces ne fe trouveront que dans la feconde partie de la la V Claffe des Œuvres de M. Arnauld, il nous a paru utile d'en présenter au Lecteur un tableau raccourci au commencement de la premiere claffe. Ces approbations font d'autant plus remarquables, que le livre de la Fréquente Communion eft un de ceux que les partifans de la morale relachée ont attaqué avec le plus de fureur & d'opiniâtreté.

A l'égard des approbations du livre de la Perpétuité de la foi, nous les donnons ici en entier, parce que cet ouvrage ne fe trouvera pas dans la Collection, & qu'il n'étoit pas jujie néanmoins d'en feparer des pieces fi importantes en elles-mêmes, ni de priver l'auteur & fes écrits, d'un fuffrage fi refpectable. Ces illuftres Approbateurs ne fe bornent pas à l'éloge du livre de l'auteur de la Perpétuité, ils parlent avec la même estime de ses écrits précédents, fruits précieux de fon zele & de fon amour pour l'Eglife.

Nous ne faifons aucune mention, dans ce Recueil, des approbations particulieres qui se trouvent à la tête de plufieurs autres ouvrages, de M. Arnauld, meme de ceux qui font polémiques; tels que l'Apológie pour les SS. Peres, &c. Les ReAlexions philofophiques & théologiques, &c. Il nous a paru fufifant de prévenir le Lecteur, par ces approbations générales, en faveur d'un grand nombre d'autres écrits, pour lesquels les circonflances critiques du temps où ils ont été publiés, les objets qui y font traités, n'ont pas permis à M. Arnauld de s'affu jettir à la formalité des approbations. On verra en outre dans ce Recueil, des temoignages particuliers à la louange de plufieurs de ces écrits. qui ont fouffert is plus de contradiction. On en trouvera un plus grand nombre encore dans les préfaces biftoriques.

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