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Je pourrois, sur tout, appliquer à la-Tragédie de Sémiramis la morale par laquelle EuTipide finit fon Alceste, piéce dans laquelle le merveilleux regne bien davantage : Que les Dieux emploient des moyens étonnans pour exécuter leurs éternels décrets ; que les grands événemens qu'ils ménagent surpassent les idées des mortel

Enfin, MONSEIGNEUR, c'est uniquement parce que cet ouvrage relpire la morale la plus pure, & même la plus sévere , que je le préfente à Vorre Eminence. La véritable Tragédie est l'école de la vertu; & la seule différence qui soit entre le Théâtre épuré & les Livres de morale, c'est que l'instruction se trouve dans la Tragédie roure en action; c'est qu'elle y est intéressante, & qu'elle se montre relevée des charmes d'un art, qui ne fut inventé autrefois que pour instruire la terre & pour bénir le ciel, & qui , par cette raison, fur

ар“ pellé le langage des Dieux. Vous qui joignez ce grand arr å tant d'autres, vous me pardon-. Dez , sans doute, le long détail où je suis entré, sur des choses qui n'avoient pas peutêtre été encore tout-à-fait éclaircies , & qui le feroient , fi Votre Eminence daignoic me communiquer ses lumieres sur l'Antiquité dont elle à une fi profonde connoissance.

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ACTEURS.

SEMIRAMIS.
ARZACE, ou Ninias,
AZ ÉMA, Princesse du Sang de Bélus.
ASSUR, Prince du Sang de Bélus.
ORO É S, Grand-Prêtre.
OTANE, Ministre attaché à Sémiramis.
MITRANE, ami d'Arzace.
CÉDAR, attaché à Assur.
Gardes, Mages, Esclaves , Suiteå

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Semiramis tem

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ACTE PREMIER. Le Théâtre représente un vaste péristile ; au fond

duquel est le Palais de Sémiramis. Les jardins en terra de Sont élevés au dessus du Palais : le Temple des Mages est à droite , &s un Mausolés à gauche , orně d'obélisques.

SCE N E I.

ARZACE, MITRANE, ARZACE. Deux Esclaves portent une caffetto

dans le lointain. Ovi, Mitrane, en secret l'ordre émané du

thrône Remer entre tes bras, Arzace à Babylone. Quc la Reine, en ces lieux brillans de sa splena

deur,

De son puissant génie imprime la grandeur !
Quel art a pu former ces enceintes profondes,
Où l’Euphrate égaré porte en tribut les ondes;
Ce temple, ces jardins dans les airs fourenus,
Ce vaste mausolée où repose Ninus ,
Eternels monumens moins admirables qu'elle ?
C'est ici qu'à ses pieds Sémiramis m'appelle..
Les Rois de l'Orient, loin d'elle profternés,
N'ont point eu ces honneurs qui me sont des-

tinés :
Je vais dans son éclat voir cette Reine heureuse.

MITRANE.
La renommée, Arzace, est souvent bien trom-

peuse :
Et peut-être, avec moi, bien-tôt vous gémirez,
Quand vous verrez de près ce que vous ad-.

mirez.

AR ZA CE. Coinment?

MITRANE.

Sémiramis à ses douleurs livrée ,
Séme ici les chagrins dont elle est dévorée:
L'horreur qui l'épouvante est dans tous les cl-

prits:
Tantôt remplissant l'air de ses lugubres cris,
Tantôt morne, abbatue, égarée, interdice,
De quelque Dieu vengeur évitant la poursuite,
Elle tombe à genoux vers ces lieux retirés ,'
A la nuit, au silence, à la mort consacrés ,
Séjour où nul mortel n'osa jamais descendre,
Ou de Ninus, mon maîcre, on conserve la

cendre;
Elle approche à pas lents, l'air sombre, in-

timidé

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Et le frappant le sein de ses pleurs inondé.
A travers les horreurs d'un silence farouche,
Les noms de fils, d'époux échappent, de la

bouche,
Elle invoque les Dieux; mais les Dieux irrités
Ont corrompu le cours de ses prospérités.

AR Z A CE.
Quelle est d'un tel étar l'origine imprévue ?

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MITRAN E.
L'effer en eft affreux: la cause eft inconnuër

AR Z A CE.

Er depuis quand les Dieux l'accablent-ils ainsi?

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MITRANE.
Du temps qu'elle ordonna que vous vinssiez ici.

AR ZA CE,
Moi ?

MITRANE
Vous : Ce fut, Seigneur, au milieu de

ces fêtes,
Quand Babylone en feu célébroit vos con-

quêres,
Lorsqu'on vit déployer ces drapeaux suspendus,
Monumens des États à vos armes rendus.;
Lorsqu'avec tant d'éclat l'Euphrate vit paraître
Certe jeune Azéma, la niéce de mon maîrre
Ce pur sang de Bélus, & de nos Souverains ;
Qu'aux Scythes ravisseurs ont arraché vos

maius;
Ce thrône a va flétrir sa Majesté suprême gu

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