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I PHISE. Pammène m'avertit , Pammène nous conjure De ne point approcher de sa retraite obscure. Il y va de ses jours.

ÉLECTRE.

Ah! que m'avez-vous dit? Non : vous êtes trompée, & le Ciel nous trahit. Mon frere , après seize ans rendu dans sa patrie , Eat volé dans les bras qui sauvérent sa vie, Il eût porté la joie à ce cour désolé; Loin de vous fuir , Iphise , il vous auroit parlé. Ce fer vous rassuroit , & j'en suis allarmée : Une mere cruelle est trop bien informée. J'ai cru voir , & j'ai vû dans ses yeux interdits Le barbare plaisir d'avoir perdu son fils. N'importe , je conserve un reste d'espérance; Ne m'abandonnez pas , Ô Dieux de la vengean

ce! Pammène à mes transports pourra-t-il résister ? Il faut qu'il parle, allons; rien ne peut m'ar

rêtera

I PHIS E. Vous vous perdez, fongez qu'un maltre impi

toyable Nous obséde, nous suit d'un cil inévitable. Si mon frere est venu; nous l'allons découvrir; Ma Sæur , en lui parlant, nous le failons périr : Et si ce n'est pas lui; notre recherche vaine Irrite nos tyrans, met en danger Pammène.' Venez à ce Tombeau, vous pouvez l'honorer, Et l'on ne vous a pas défendu d'y pleurer ; Cer Etranger,

ma four y peut paraître encore; C'est un alyle sür; & ce Ciel que j'implore,

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Ce Ciel dont votre audace accuse les rigueurs,
Pourra le rendre encor à vos cris , à mes pleurs :
Venez..

ÉLECTRE.
De quel espoir ma douleur est suivie !
Ah! si vous me trompez, vous m'arrachez la vie.

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***

ACTE III.

SCE N E I. OR ESTE, PILADE,PAMMENE. Un Esclave dans l'enfoncement, qui porte

une urne & une épée.

P A MMENE. Ue béni soit le jour fi long-temps atrendu, Ou le fils de mon maître à nos larmes rendu Vient , digne de sa race & de la destinée, Venger d'Agamemnon la cendre profånée. Je crains que le tyran; par son trouble averti, Ne détourne un destin déjà crop pressenti : Il n'a fait qu'entrévoir & fon juge & fon maître, Et sa rage a déjà semblé le reconnaître; Il s'informe, il s'agire , il veut sur tout vous

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voir ;

Vous-même, vous mêlez la crainte à mon eso

poir. De vos ordres sacrés exécuteur fidèle, Je sonde les esprits, j'encourage leur zèle; Des sujets gémissans consolant la douleur, Je leur montre de loin leur maître & leur yen.

geur. La race des vrais Rois tôt ou tard est chérie :Le cæur s'ouvre aux grands noms d'Oreste &

de Patrie: Tout semble autour de moi fortir d'un loos

sommeil;

La vengeance assoupie est au jour du réveil,
Et le peu d'habitans de ces tristes retraites
Leve les mains au Ciel, & demande où vous

êces,
Mais je frémis de voir Oreste en ce désert,
Sans armes, sans soldats, prêt d'être découvert.
D'un barbare ennemi l'activé vigilance
Peut prévenir d'un coup votre juste vengeance;
Et contre ce tyran sur le trône affermi,
Vous n'amenez, hélas ! qu'Oreste & fon ami.

PILADE.
C'est assez, & du Ciel je reconnais l'ouvrage:
Il nous a tour ravi par ce cruel naufrage :
Il veut seul accomplir les augustes desseins;
Pour ce grand facrifice il ne veut que nos mains.'
Tantôt de trente Rois il arme la vengeance;
Tantôt trompant la terre & frappant en filence,
Il veut en signalant son pouvoir oublié,
N'armer que la nature & la seule amitié.

ORESTE
Avec un tel fecours Oreste est sans allarmes,
Je n'aurai pas besoin de plus puislantes armesa

PIL ADE.
Prends garde , cher Oreste , à ne pas t'égarer
Au sentier qu'un Dieu même a daigné te mon

trer ;
Prends garde à tes fermens, à cet ordre suprême
De cacher con retour à cette four qui t'aime :
Ton repos , ton bonheur, ton régne est à ce prix;
Commande à tes transporcs , diflimule, obéis:
Il la faus abyfer encor plus que la mere,

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PA M M E N E.

te,

Remerciez les Dieux de cer ordre sévére;
A peine j'ai trompé ses transports indiscrets,
Déjà portant par tout ses pleurs & ses regrets,
Appellant à grand cris son vengeur & son frere,
Et courant sur vos pas dans ce lieu solitaire
Elle m'interrogeoit & me faisoit trembler ;
La nature en secret fembloit lui révéler
Par un pressentiment trop rendre & trop funes-
Que le Ciel en ses bras remet son cher Oreste;
Son cour trop plein de vous ne peut se contenir.

ORESTE.
Quelle contrainte! Ô Dieux ! puis-je la soutenir ?

PIL ADE. Vous balancez!songez aux menaces terribles Que vous faisoient ces Dieux, dont lessecours

sensibles Vous ont rendu la vie au milieu du trépas; Contre leurs volontés si vous faites un pas, Ce moment vous dévoue à leur haine fatale: Tremblez, malheureux fils d'Atrée & de Tane

tale :

Tremblez de voir sur vous, dans ces lieux dé.

testés, Tomber tous les fléaux du sang dont vous for

tez.

ORESTE. Quel est donc, cher ami, le destin qui nous

guide ? Quel pouvoir invincible à tous nos pas préside?

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