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Guillaume, moine de Malmesburi (De Reg. Angl., l. iv, c. 2, p. 131,132), en a fait entrer une quatrième dans son Histoire des rois d'Angleterre, lequel a été réimprimié d'après lui par dom Ruinart (Urb. Vit. ibid., p. 377, 381). Ce discours est le plus long de tous, et fort différent des trois autres. Mais on n'y reconnaît point le style du pape Urbain.ll faut donc dire que celui qui le rapporte n'a eu égard qu'au fond des choses, et ne 1'a point copié tel qu'il avait été prononcé. Le päpe y débute par exposer le déluge de péchés qui inondait le Christianisme, et dont la guerre contre le§ Turcs deviendrait le remède, ajoutant que les travaux qui l'accompagneront sont beaucoup au-dessus de ceux qu'il y a à commetre le pêché. Après quoi il entre dans le détail de tous les pays que les Turcs avaient envahis : l'Asie l'Afrique, l'Espágne, les iles Baléares, et oppose ces vastes régions au peu de terrain qu'occupaient les Chrétiens. Il passe de là à opposer le courage et la valeur des Européens à la lâcheté et à la pàltronnerie des Turcs,et dit un mot de là bravoure des Frangnis en particulier. Mais il s'arrète principalement à élevet les croisés au-dessus de la ciainte de la mort,jusqu'à leur en inspirer du mépris,et là leur faire regarder comme un grand avantage, et finit par fixer leur départ au printeinps prochain. Gùibert, abbé de Nogent (Gest. Fr., l. 11, c. 2), produit un cinquième discours de notre pape, encore différent de tous les autres. Il a raison d'avertir qùe, s'il ne le rapporte pas tel qui fut prorioricé, il contient au moins ce qu'Urbain s'était prqposé d'y établir. Il est visible,en effet, que ce n'e§t point là la manière de s'exprimer de ce pontife. Au lieu d'un style net, coulant, naturel, tel qu'était le sien, c'en est un embarassé, rude, affecté. Les motifs que 1'auteur fait valoir dans ce discours sönt pris de l'excellence de 1'Eglise de Jérusalem au-dessus de toutes les autres,comme en étant la mère ; de l'exemple des Machabées, qui soutinrent si généreusement tant de combats en faveur de leur nation et de son temple; de l'extinction presque entière du Christianisme en Orient, de l'espérance de 1'y rétablir, et de repeupler de Chrétiens öette`partie du monde, pour combatre l'Antechrist, qui devait s'y élever; enfin do§ cóntributions accablantés qu'on exigeait du peu de Chrétiens qui y restajent,et des avanies cruelles qu'on faisait à ceux qui allaient visiter les lieux saints. L'auteur s'étend principalement sur ces deux derniers motifs, et entre sur le detnier, en particulier, dans un détail qui suppose d'horribles cruautés de la part des Turcs. « Frizon (Gall. purp., p. 20-22) et Frangois du Chesne (Hist.de tous les cardinau;r francais, t. II, p. 43, 44 nous présentent un sixième discours,qu'ils ont tiré de la Chronique de Jean Naucler, mais qui parait avoir êté inconnu a tous les anciens historiens de la croisade. Quoiqu'il en soit, il est encore différent de tous les autres,non-seulement pour le fond des choses, mais aussi pour l'ordre et la manière de les dire. Il n'y en a aucun où il se trouvé tant d'élégance, et de plus grands traits d'éloquence, le début annonce qu'il fut prononcé au concile de Clermont ; ce qui paraft encore par la suito du discours. Après une courte mais vive description des maux inouis que les Turcs et les Satrasins faisaient souffrir âux Chrétiens du pays, et à ceux qui y allaient d'ailleurs cn pélérinage, Urbain passe à l'énumération des diverses régions íìeTEurope que ces infidèles avaient ravagées : l'Espagne, partie de l'Aquitaine, l'Italie jusqu'à Rome. Puis apostrophant les principales nations chrétiennes, les Frangais, les Allemands, les Saxons, les Polomais, les Hofigrois, etc., il leur fait observet que leurs pays auraient déjà subi le même sort, sans l'empire de Constantinople qui leur servait cominé d'un mur de défense, et les mettait à couyert des mêmes incuraions. Le pape a encore glissé dans ce discours Je motif des dépouilles sur l'ennemi. Il le finit par accorder 1'indulgence plénière à ceux qui se croiseraient, et les assurer qu'eux et leurs biens seraient sous la protectión de ÉÉÉ Romaine. « Fouëher de Chartres (ibid. p. 817, 818), à l'imitation des autres historiens de la croisade, a aussi insére dans son ouvrage un morceau d'un discours d'Urbain sur ce sujet. Mais le style de cette pièce informe n'a aucune ressemblance avec la manière de s'exprimer de notre pontife, quoique les motifs qui y sont employés se lisent, mais un peu diversement exprimés, dans le8 autres discours, dont nou§ ven6ns de renáré compte. De sorte qu'on ne peut s'empêcher de juget que ce morceau aura été compQsé après coup sur les autres discours d'Urbain, soit par Foucher nuême, ou par quelque autre qui l è lui aura cominuniqué. C'est le même morceau, mais un peu plus abrégé, que rapporte l'anonyme (Gest. Dei per Fr. t. I, p.561), qui, dans le recueil de Bongars, $uit immédiatement !'abbé Guibert. « Pierre Tudebode (Gest. Fr. l. 1, p. 777), autre histori^n de la croisade,cite un simple passage, qui se lit un peu plus étendu dans l'anonyme publié par dom Mabillon (Mus. It. t. I, p. 139), comme faisant partie dui diséours de notre pape au concilè de Clermont. Mais cet endroit, tel qu'il est rapporté, ne $e trouve point dans aucun deô autres discours précédents. » Louis Jacob, auteur de la Bibliothèque pontificule (f. 1, p. 222), a avancé qu'il se trouve ufi de ces discours dans la chronique de Bertholde de Constance. Mais s'il avait regardé de plus près, il aurait vu qu'il n'y en a point.

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Anno Incarnationis Dominicæ millesimo nonage- et altare secundum missæ matutinalis.Lugdunensis simo quinto, indictione iii, vii. Kalend. Novemb., autein archiepiscopus Hugo, Pisanus archiepiscopus domnus et venerabilis Urbanus papa gecundus sa- Dabertus; episcopus Signanus Bruno eodem die in cravit altare primum et majus novi nostri mona- ipso monasterio,jubente papa,tria in tribus primis steri in honorem Dei, in memoriam beatorum cancellis sacrarunt altaria. Tunc papa inter sa apostolorum Petri et Pauli. Sacravit etiam per se crando missasque agendo, post alia salutis horti

menta, coram episcopis e! cardinalibus multorum- A strata versus Bellumiocum terminus est, contra quad

que personis, hujuscemodi sermonem habuit ad populum : Sancti Patres et majores nostri I{omani pontifices, qui sanctae sedis apostolicæ præse lerunt, eae quo locus Cluniacus institutus est ab initio, et monasterium istud fundatum, tam locum hunc quam rectores, vel habitatores ejus propensius dilexerunt, foverunt, et curaverunt attentius. Et merito. Nam pius ille Willelmus, istius olim monasterii institutor, nulli alii advocato, nulli patrono,nulli regi, vel principi curam ipsius tutelamque commendavit, nisi Deo et beato Petro, ejusque vicariis, Romanis scilicet pontificibus. Quorum numero vel ordini divina me dignatio, licct indignum, associavit, me olim monachum prioremque monasterii hujus sub domno ac venerabili Hugone, Dei misericordia adhuc superstite et benevalente. Igitur sicut pontifices summi ante me succedebant. sibi in apostolica sede, successerunt etiam ad tuendum curandumque propensius locum istum. Verumtamen nullus eorum per suam corporalem praesentiam locum istum hactemus visitavit. Mihi vero, sicut impraesentiarum cernitis, id divina concessit clementia. Denique anter alias causas quae nos ad visitandas Gallias impulerunt, haec prima et praecipua fuit ut locum istum et congregationem hanc speciali nobis cognatione germanam nostra praesentia lætificaremus, nostro accessu et alloquio juvaremus, et ad omnem utilitatem vel commodum nostram eis operam impenderemus. Itaque hic vobiscum hodie praesentes, altare primum et majus cum caeteris quae parata sunt, novi hujus monasterii sacramus, et ad eam quae de eodem monasterio restat structuram, vestros animos incitamus. Placet etiam nobis, vobisque placeat suademus (nam hoc ipsum et bonum videtur et justum), huic loco, qui vobis et caeteris Christianis in veneratione et cura bona hadendus est, quosdam certos limites immunitatis ac securitatis, circumcirca undique assignare, ipsosque limites sacri banni. Infra quos terminos, nullus homo, cujuscunque conditionis ac potestatis unquam invasionem aliquam grandem vel parvam, aut incendium, aut praedam, aut rapinam facere, aut hominem rapere, vel per iram ferire, aut quod multo gravius est, homicidium perpetrare, vel truncationem membrorum hominis, sacra auctoritate arcente, ullatenus audeat, nec audendo pertentet. Itaque termini sacri banni sunt hi. Versus Berzia. cum terminus est ad bivium citra Sarratam ; unde una via venit ad Cluniacum, altera ad Masilias. In

ruvium, quod est desuper molendunum cellerarii Cluniacensis citra Viengias. Ultra Cluniacum versus Masilias, terminus est ad bivium, unde una via tendit ad Masilias, altera ad Sanctam Mariam de Bosco. Super Rufiacum terminus est ad summitatem defensi, ad bivium, unde una via tendit ad Bezorniacum, altera ad Carellam. Versus Setgiacum terminus est intra quarruvium, citra locum ibi dicunt Adturgum. In strata versus Cabilonensem pagum terminus est ad grossam Cassaniam super Marziacum. Versus Brancedunum terminus est in via super Boscum Bannedum. Versus Trinorchium terminus est super rivulum quem dicunt Longam Aquam, inter Blanoscum et Domziacum. Versus Perronem vel Laziacum, terminus est ad Tres Fagos ; ubi partiuntur, noster boscus de Cluniaco, et boscus comitalis. Versus Igiacum terminus est ad Carmos, super montem medium. Nos igitur terminos sacrati banni huic monasterio Cluniaco, et villae ac burgo pariter præfigimus ; hos limites plena certitudine assignamus,praecipientes in nomine Domini Dei omnipotentis, et auctoritate beatorum apostolorum Petri et Pauli, universos vos atque omnem hominem qui hæc lecturus vel auditurus est, contestantes ut bannum hunc scienter non infringatis, ut ejus legem et singuli et omnes teneatis. Si quis vero eam in uno horum quae supra vetita sunt scienter infregerit, et ab abbate, vel priore, vel camerario, vel decano Cluniacensis conventus, et sicut visum fuerit ab eis, induciatus, congrua satisfactione non emendaverit, jam tunc, quisquis ille fuerit, e.rcommunicationi subjacebit. Etiam si qui vestrum contra illum talem, ab abbate vel fratribus interpellati fuerint, coercere eum, et ad emendationem urgere debebunt. Earcommunicatus autem pro banno fracto,ubi emendationem congruam fecerit, absolvatur. Leae autem banni hujus non vobis solis ponitur qui praesentes estis, sed jam finem rei, pro qua nunc satagimus, videamus. 0mnes igitur loco huic Cluniaco malefacientes el contra congregationem istam inique agenles, anathemate digni erunt, et beati Petri gladio feriendi usque ad emendationem congruam. 0mnes autem loco huic Cluniaco benefacientes, et erga congregationem istam recte agentes, pacemque servantes, gratiam et misericordiam Christi Domini Dei nostri consequentur perpetuam, et beatos

D apostolos Petrum et Paulum primos et praecipuos ad

jutores habeant apud Deum. Amen.

II.
ORATIO AD IVONEM CONSECRATUM.

Quoniam, ut credimus, divino te nutu vocante clerus et populus civitatis illius unanimitor elegorunt rectorem, et nos usque perducentes petierunt consecrari episcopum, et ideo, Deo annuente, per manus nostræ impositionem episcopus consecratus es, amodo, frater charissime, scias te maximum pondus suscepisse laboris,quod est sarcina regimi

nis animarum, et commodis deservire multorum, omniumque fieri minimum atque ministrum,et pro credito tibi talento in die divini examinis rationem redditurum. Nam si Salvator noster dixit: Nom vemi ministrari, sed ministrare, et animam suam ponit pro ovibus suis (Matth. xx), quanto magis nos desidiosi servi summi patrisfamilias debemus

maximo sudore incumbere oves Dominicas nobis a A tuum elevetur, nec adversis in aliquo dejiciatur,

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I. (Ex tomo X Conc. LABBEI, col. 514, et D. RUINART, Vita Urbani, Append. pag. 369.)

Audivimus, fratres dilectissimi, et audistis, quod sine profundis singultibus tractare nequaquam possumus, quantis calamitatibus, quantis incommoditatibus, quam diris contritionibus in Jerusalem et in Antiochia et in cæteris orientalis plagæ civitatibus Christiani nostri, fratres nostri, membra Christi flagellantur, opprimuntur, injuriantur germani fratres nostri, contubernales vestri, couterini vestri: nam et ejusdem Christi et ejusdem etiam Dei filii estis: et in ipsis suis domibus hæreditariis ab alienis dominis mancipantur, vel ex ipsis exploduntur, aut inter vos mendicant, aut quod gravius est, in ipsis suis patrimoniis venales exsulant et vapulant. Effunditur sanguis Christianus, Christi sanguine redemptus, et caro Christiana, Christi consanguinea, nefandis ineptiiset servitutibus nefariis mancipatur. Illis in urbibus ubique luctus, ubique miseriæ, ubique gemitus. Suspirio hæc dico : ecclesiæ in quibus olim divina celebrata sunt sacrificia, proh dolor ! ecce animalibus eorum sunt stabula. Nequam homines sanctas occupaverunt civitates. Turcæ spurci et immundi nostris fratribus dominantur. Antiochiæ beatus Petrus præsedit episcopus : ecce in ipsa Ecclesia gentiles suas collocaverunt superstitiones, et religionem Christianam, quam potissimum coluisse debuerant, ab aula Deo dedicata turpiter eliminarunt.

Prædia sanctorum stipendiis dedita, et nobilium patrimonia sustentandis pauperibus contradita, paganæ tyrannidi subjiciuntur, eisque in proprios usus redactis domini crudeles abutuntur. Sacerdotium Dei humotenus conculcatum est, sanctuarium Dei per nefas ubique profanatum est: si qui adhuc ibi latitant Christiani, ubi audistis, exquiruntur tormentis. De sancta Jerusalem, fratres . . . . . loqui dissimulavimus quod valde de ea loqui pertimescimus, quoniam ipsa civitas, in qua, prout omnes nostis, Jesus Christus pro nobis passus, peccatis nostris exigentibus, sub spurcitiam paganorum re

B dacta, Deique servituti, ad ignomiam nostram

dico, subducta est. Quod enim superest imperii nostri tantillum est, Christianorum qui ista promeruimus est dedecus. Cui servit nunc ecclesia' beatæ Mariæ in qua ipsa pro corpore sepulta fuit in valle Josaphat ? Sed quid templum Salomonis, imo Domini, prætermittimus, in quo simulacra sua barbaræ nationes contra jus et fas modo collocata venerantur ? De sepulcro Dominico ideo reminisci supersedemus,quoniam oculis vestris vidistis quantæ abominationi traditum sit.

Inde violenter abstrahunt quas ibi pro cultu illius multoties intulistis oblationes. Ibi nimirum multas et innumeras religioni nostræ ingerunt irrisiones. Et tamen in illo loco (non ignara lcquor) requievit Deus: ibi pro nobis mortuus est. Neque equidem ibi Deus hoc annuaiim prætermittit facere miraculum, cum in diebus passionis suæ exstinctis omnibus et in sepulcro et in ecclesia circumcirca luminibus, jubare divino lampades exstinctæ reaccenduntur. Cujus pectus silicinum factum tantum miraculum non emolliat ? Credite mihi, bestialis homo et insulsi capitis est, cujus cor virtus divina tam præsens ad fidem non verberat, et cum gentiles cum Christianis ita videant communiter, nec emendamtur. Perterrentur equidem hi, nec convertuntur ad fidem : nec mirum, quoniam mentis obcæcatio illis dominatur. Quantis afflictionibus vos qui adestis, qui redistis, iuvaserunt, vos ipsi melius nostis, qui substantias vestras, qui sanguinem vestrum ibi Deo immolastis.

D Hæc idcirco, fratres, diximus, ut vos ipsos sermo

nis nostri testes habeamus. Plures sunt et fratrum nostrorum miseriæ, et ecclesiarum Dei depopulationes, quæ sigillatim possemus referre ; sed instant lacrymæ ac gemitus, elinstant suspiria et singultus. Ploremus, fratres, eia ploremus, et cum Psalmista medullitus plorantes ingemiscamus, nos miseri, nos infelices, quorum tempore Dei prophetia ista completa est: Deus, venerunt gentes in haereditatem tuam, polluerunt templum sanctum tuum; posuerunt Jerusalem in pomorum custodiam. Posuerunt mortisanctorum tuorum bestiis terrae. Effuderunt sanguinem ipsorum tanquam aquam in circuitu Jerusalem, et non erat qui sepeliret. (Psal. Lxxviii). Væ nobis, fratres, nos qui jam facti sumus opprobrium vicinis nostris,subsannatio et illusio his qui in circuitu nostro sunt (Ibid.). Condoleamus etcompatiamur fratribus nostris, saltem in lacrymis. Nos abjectio plebis facti, et omnibus deteriores, immanissimam sanctissimæ terræ plangamus devastationem. Quam terram merito sanctam diximus, in qua non est etiam passus pedis quem non illustravcritet sanctificaverit vel corpus vel umbra Salvatoris, vel gloriosa præsentia ganctæ Dei Genitricis, vel amplectendus apostolorum commeatus, vel martyrum ebibendus sanguis effusus. Quam beati, o Stephane protomartyr, qui te laureaverunt lapides ! Quam felices, o tunc Baptista Joannes, quitibi ad Salvatorem baptizandum servierunt Jordanici latices ! Filii Israel ab Ægyptiis educti, qui Rubri maris transitu vos praefiguraverunt, terram illam armis suis, Jesu duce, sibi vindicaverunt ; Jebusæos et alios convenas inde expulerunt, et instar Jerusalem cœlestis Jerusalem terrenam excoluerunt. Quod dicimus, fratres, audite et intelligite. Vos accincti cingulo militiæ magno supercilio fratres vestros dilaniatis, atque inter vos dissecamini. Non est hæc militia Christiquæ destruit ovile Redemptoris. Sancta Ecclesia ad suorum opitulationem sibi reservavit militiam (ut veritatem fateamur) cujus præcones esse debemus. Non tenetis vere viam per

cina servorum tuorum escas volatilibus cæli, carnes A Sarracenos gladium vibrare singulare bonum est,

quam eatis ad salutem et vitam. Vos pupillorum C.

oppressores, vos viduarum prædatores, vos homicidæ, vos sacrilegi, vos alieni juris direptores, vos pro effundendo sanguine Christiano exspectatis latrocinantium stipendia, et sicutvultures odorantur cadavera, sic longinquarum partium auspicamini et sectamini bella. Certe viaista pessima est, quoniam 'a Deo omnino remota est. Porro si vultis animabus ve$tris consuli, istius modi militiæ cingulum quantocius deponite, et ad defendendam orientalem Ecclesiam velocius concurrite. Hæc est enim de qua totius vestræ salutis emanaverunt gaudia, quæ distilIavit in os vestrum divini lactis ubera, quæ nobis propinavitevangeliorum sacrosanctadogmata. Hæc ideo, fratres, dicimus, ut et manus homicidas a fraterna nece contineatis, et pro fidei domesticisvos externis nationibus opponatis, et sub Jesu Christo duce vestro acies Christiana, aciesinvictissima, melius quam ipsi veteres Israelitæ pro vestra Jerusalem decertetis, et Turcos qui in ea sunt nefandiores quam Jebusæi impugnetis et expugnetis. Pulchrum sit vobis in illa civitate mori pro Christo, inquapro vobis Christus mortuus est. Cæterum si vos antea mori contigerit, id ipsum autumate mori in via, si tamen Christus in sua vos invenerit militia. Deus enim denarii retributor est prima et hora sexta. Horrendum est, fratres, horrendum est vos in Christianos rapacem manum extendere. In

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quia ei charitas est pro fratribus animas deponere. Ne vero de crastiniseventionibus solliciti sitis, sciatis quia timentibus Deum nihil deest, nec iis qui eum diligunt in veritate. Facultates etiam inimicorum nostrorum vestræ erunt, quoniam et illorum thesauro8 exspoliabitis, et vel victoriosi ad propria remeabitis, vel sanguine vestro purpurati perenne bravium adipiscemini. Tali imperatori militare debetis, cui panis deesse non potest, cui quæ rependat nulla desunt stipendia. Via brevis est, labor permodicus est, qui tamen immarcescibilem vobis rependat coronam. Jam nunc ergo auctoritate loquamur prophetica: Accingere,homo unusquisque, gladio tuo super femur tuum potentissime (Psal. xliv). Accingi

B mini, accingimini, inquam, et estote filii potentes,

quoniam melius est nobis mori in bello quam videre mala gentis nostrae et sanctorum (I Mach. iii). Non vos demulceant illecebrosa blandimenta mulierum rerumque vestrarum, quin eatis ; nec vos deterreant perferendi labores, quatenus remaneatis.

Vos, fratres et coepiscopi, consacerdotes et cohæredes Christi,per Ecclesias vobis commissas idipsum annuntiate, et viam in Jerusalem toto ore universaliter prædicate. Confessi peccatorum suorum ignorantiam, securi de Christo celerem impetrent veniam. Vos autem qui ituri estis, habebitis nos pro vobis oratores, nos habeamus vos pro populo Dei pugnatores. Nostrum est orare, vestrum est contra Amalecitas pugnare. Nos extendemus cum Moyse manus indefessas orantes in cœlum ; vos exerite et vibrate intrepidi præliatore8 in Amalec gladium. Amen.

II.

(Concil. ibid. col. 501; D. RUINART, ibid., p. 373).

Nostis, fratres dilectissimi, et vestram nosse id expedit charitatem, quomodo humani generis Reparator pro nostra omnium salute carnem assumens, et homo inter homines conversatus, terram promissionis, quam pridem patribus promiserat, propria illustravit præsentia, et assumptæ dispensationis operibus, et crebra simul miraculorum exhibitione reddidit specialiter insignem ; id enim et Veteris et Novi pene in omnibus syllabis docet series Testamenti. Quadam sane dilectionis prærogativa certum est eam dilexisse, ita ut eam orbis partem, * imo particulam, hæreditatem suam dignatus est appellare, cum ejus sit omnibus terra et plenitudo ejus. Unde per Isaiam ait: Hæreditas mea Israel (Isa. xiv). Et item: Vinea Domini sabaoth domus Israel est (Isa. v). Et licet totam in partem præcipuam sibi dedicaverit ab initio, peculiarius tamen urbem sanctam sibi adoptavit in propriam, testante propheta qui ait : Diligit Dominus portas Sion super omnia tabernacula Jacob (Psal. Lxxxvi). De qua gloriosa dicuntur,videlicet quod in ea docens,passus et resurgens Salvator,salutem operatus est in medio terræ. Ad hoc a sæculis est præelecta ut tantorum esset conscia et cellafamiliaris mysteriorum. Electa

nimirum, quod ipse qui elegit testatur dicens : Et A viant, et nomen Dei vivi abnegent, vel ore blasphe

de Jerusalem civitate quam elegi veniet vobis Salvator. Quam etsi, peccatis inhabitantium id exigentibus, justo judicio suo in manus impiorum sæpius tradi permiserit Dominus, et duræ jugum servitutis ad tempus eam sustinere passus sit, non tamen arbitrandum est quod eam quasi a se repudiatam abjecerit, cum scriptum sit: Flagellat Dominus omnem filium quem recipit (Hebr. xii); illi vero thesaurizat iram cui dicitur : Recessit xelus meus a te, jam amplius non irascar tibi (Ezech. xvi.) Diligit ergo eam, nec intepuit erga eam dilectionis fervor cui dicit : Eris corona gloriae in manu Domini et diadema regni in manu Dei tui ; et non vocaberis amplius desolata, sed vocaberis voluntas mea quia complacuit Domino in te (Isa. Lxii.) Hæc igitur salutis nostræ cunabula, Domini patriam, religionis matrem, populus absque Deo, abeillæ filins Ægyptiæ, possidet violenter, et captivatis liberæ filiis extremas imponit conditiones, quibus versa vice merito servire tenebatur. Sed quid scriptum est ? Ejice ancillam et filium ejus (Gen. xxi.) Sarracenorum enim gens impia et mundanarum sectatrix traditionum loca sancta; in quibus steterunt pedes Domini, jam a multis retro temporibus violenta premit tyrannide ; subactis fidelibus et in servitutem damnatis, ingressi sunt canes in saneta; profanatum est sanctuarium, humiliatus est cultor Dei populus, angarias patitur indignas genus electum, servit in luto et in latere

regale sacerdotium,princeps provinciarum facta est C.

sub tributo civitas Dei. Cujus non liquefiat anima? cujus non tabescant præcordia iis ad animum reeurrentibus ? Quis hæc siecis oculis audire potest, fratres eharissimi? Templum Domini, de quo zelans Dominus vendentes ejecit et ementes ne domus Petris ejus fieret spelunca latronum, factum est sedes dæmoniorum. Id ipsum enim et Matthathiam eacerdotem magnum, sanctorum progenitorem Machabæorum, ad zelum accendit commendabilem, sieut ipse testatur dicens : Templum Domini quasi *ir ignobilis, vasa gloriae ejus abducta sunt captiva (1 Mach. m.) Civitas Regis regum omnium, quæ aliis regulas intemerate tradidit fidei, gentium superstitionibus cogitur invita deservire. Sanctæ

ment secrilego compelluntur: autimpia detestantes imperia cæduntur gladiis more bidentium, sanctis martyribus sociendi. Non est sacrilegiis locorum differentia, non est personarum respectus. In sanctuariis occiduntur sacerdotes et levitæ, coguntur virgines fornicari, aut per tormentia perire, nec matronis ætas maturior suffragatur. Væ nobis qui in hanc tam periculosi temporis descendimus miseriam, quam in spiritu prævidens electus a Domino David, rex fidelis, deplorat dicens: eus, venerunt gentes in haereditatem tuam; polluerunt templum sanctum tuum (Psal. lxxviii). Et item : Populum tuum humiliaverunt et hæreditatem tuam vexaverunt. Utquid, Domine, irasceris in finem, accendetur velut ignis ira tua? (Psal. xciii.) Ubi sunt misericordiae tuae antiquæ, Domine? (Psal. Lxxxviii.) Verumne est quod dicitur : Non obliviscetur misereri Deus, non continebit in ira sua misericordias suas ? Recordare, Domine, quid acciderit nobis, intuere et vide approbrium nostrum (Thren. v.) Vae nobis ! utquid nati sumus videre corruptionem populi nostri et contriliomem civitatis sanctae et sedere illic, cum dantur in manibus inimicorum sancta (I Mach. ii.) Vos igitur,dilectissimi,armamini zeloDei,accingiminiunusquisque gladio suo super femur suum potentissime(Psal.xLiv.)Accingimini,et estote filii potentes: melius est enim nobis mori in bello quum videre mala gentis nostrae et sanctorum (1 Mach. iii.)Si quis zelum legis Dei habet, adjungat se nobis.Subveniamus fratribus nostris, dirumpamus vincula eorum et projiciamus a nobis jugum ipsorum (Psal. II.) Egredimi et Dominus erit vobiscum. Arma quæ cæde mutua illicite cruentastis, in hostes fidei et nominis Christiani convertite. Furta, incendia, rapinas, homicidia, et cætera qualia qui agunt regnum Dei mom possidebunt, hoc Deo beneplacito redimite obsequio, ut delictorum quibus Dominum ad iracundiam provocastis, celerem indulgentiam pro vobis obtineant haec pietatis opera et deprecatio collata sanctorum. Monemus igitur et exhortamus in Domino, et in remisssionem peccatorum injungimus, ut fratribus nostris et cœlestis regni cohæredibns (omnes enim invicem sumus membra, hæredes quidem Dei, cohæredes autem Christi [Rom. vmim] qui Hierosolymis et in finibus ejus habitant,afflictioni et laboribuscompa

resurrectionis ecclesia, requies dormientis Domini, D tientes,infidelium insolentiam,qui sibi regna,princi

eorum sustinet imperia, fœdatur spurcitiis eorum qui resurrectionis non habebunt participium, sed stfpulaignis aetermi perennibus deputabuntur incendiis. Loea venerabilia divinis deputata mysteriis, qnæ Dorminum in carne susceperunt hospitem,signa viderunt, senserunf, beneficia, quorum omnium in se pfena fide prætendunt argumenta, facta sunt gregum præsepia, stabula jumentorum. Laudabilis popnfus, eui benedixit Dominus exercituum, sub angariarum et sordidarum præstationum pondere gemit fatigatus; rapiuntur eorum filii, matris Ecclesiae chara pignora, ut gentium immunditiis deser

patus et potestates subjicere contendunt,debita eompescatis animadversione,et illis totisviribus occurratis,quibus est propositum nomen delereChristianum. Alioquin futurum est ut in proximo Eeelesia Dei jugum indebitæ præferens servitutis, fidei sentiat dispendium, praevalente gentilium superstitione. In quanta enim positi sint afflictione noverunt ex vobis nonnulliquihæc quæ loquimuroculata conspexerunt fide,et praesens illorum per manum Petri viri venerabilis, qui præsens est,ad nos delata docet epistola. Nos autem de misericordia Dei et beatorum Petri et Pauli apostolorum auctoritate confisi, fidelibus

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