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XLVI. Romani quum jam Hierone quoque socio et commilitone uterentur, non diu morati, carthaginiensis ditionis oppida complura subegerunt. Et ab Adranone quidem, vico munito, Macellaque, post multorum dierum obsidionem discesserunt irriti : ceterum Segestanos, occiso Pænorum præsidio, ad se ultro desciscentes, receperunt. Præter alia, cognationis necessitudine se Romanis fratribus favere dictitabant, originem suam et ipsi ad Æneam ex trojano incendio profugum referentes. Neque multo post Alienæi Romanis accesserunt; ad Hilarum vero, Tyrittum, et Ascelum, vi et machinis opus fuit; eoque severius in victos consultum. Quo terrore Tyndaritani, proximos se periculo, et auxilia longe esse cernentes, quum ipsi quoque de tradenda Romanis urbe consultarent, a Poenis prohibiti sunt. Nam illi ex rebus ipsis conjectura capta , quid ageretur, primores civitatis obsidum loco Lilybæum avexerunt : etiam frumento, vino, ceterarumque rerum apparatu asportato.

XLVII. His temporibus Otacilii Crassi consulis utilis et conveniens romanæ disciplinæ severitas fuit. Qui milites ab Annibale turpi pacto incolumitatis sub jugum missos, extra vallum tendere jussit, ut hostium incur

XLVI. Les Romains, ayant une fois Hiéron pour allié et pour compagnon d'armes, s'emparèrent bientôt de plusieurs villes du domaine des Carthaginois; mais ils furent contraints, après plusieurs jours de siège, d'abandonner Adranon, place bien fortifiée, ainsi

que

Macella. Ils s'en consolèrent par l'occupation de Ségeste, dont les habitans se rendirent volontairement à eux, après avoir égorgé la garnison carthaginoise. Outre les autres raisons qu'ils avaient de changer de parti, ils alléguaient leur liaison de parenté avec les Romains, qu'ils regardaient comme leurs frères, puisque ceux-ci rapportaient, comme eux, leur origine à Énée, qui avait donné naissance aux deux peuples durant sa fuite après l'incendie de Troie. A peu de temps de là, les habitans d'Aliena se rendirent aussi aux Romains. Mais ceux-ci eurent besoin d'employer la force contre Hilarus, Tyrittus et Ascelus; et ce fut pour cette raison qu'ils traitèrent avec plus de rigueur les habitans après les avoir vaincus. Les Tyndaritans, effrayés de la prise de ces villes, et voyant que le péril était proche et les secours éloignés, songeaient aussi à livrer leur cité aux Romains, lorsque les Carthaginois les en empêchèrent. Car ayant, d'après la nature même des choses, prévu ce qui allait arriver, ils emmenèrent les principaux habitans de la ville à Lilybée, pour leur servir d'ôtages, et y transportèrent du vin, du blé, et tout ce dont ils pouvaient avoir besoin.

XLVII. A cette époque, le consul Otacilius Crassus usa d'une sévérité salutaire et digne de la discipline romaine. Quelques soldats s'étaient livrés honteusement à Annibal, sur la parole que celui-ci leur avait donnée de les renvoyer sains et saufs, après qu'ils auraient passé

sionibus expositi, neque alibi quam in virtute spem habentes, confirmarentur animis , armisque potius quam loco se tueri discerent. Post hæc et alia non majoris momenti gesta, quum hiems immineret, præsidiis per opportuna loca dispositis, consules, reliquo exercitu in Italiam reportato, Romam redierunt. Ibi M. Valerio, cujus eo bello felicior et utilior opera fuerat, triumphus decretus, quem ante diem xvi calendas apriles de Pænis et rege Siculorum Hierone duxit. Prætervectum inter spolia horologium esse ideo annotatum est, quia res ad eam diem imcomperta Romæ fuerat. Id Catina recepta deportatum , deinde in publico secundum Rostra, in columna Valerius statuit. Idemque tabulam, in qua proelium, quo Ponos et Hieronem vicerat, depictum fuit, in latere Curiæ Hostiliæ proposuit; quod ante eum fecit nemo, postea plerique.

XLVIII. Messallæ cognomen huic Valerio ab urbe Messana inditum fuisse constat : sed miror, ab ea capta hæsisse, non contemnendis auctoribus credi; quum potius ideo impositum ipsæ res evidenter arguant, quod Messanam a Penis et Hierone discessu Appii Claudii acrius infestatam, illis submotis , hoc reconciliato, liberasset. Inter hæc quum adhuc pestilentia vexaret Ur

sous le joug. Pour punir une pareille lâcheté, il les fit camper hors des retranchemens, afin qu'exposés aux incursions des ennemis, ils ne pussent avoir d'espoir que dans leur courage et dans leurs armes. Après ces actions, et quelques autres qui furent aussi peu mémorables, les consuls, voyant que l’hiver approchait, mirent des garnisons où il en était besoin , repassèrent en Italie avec le reste de l'armée, et s'en retournèrent à Rome. On y décerna le triomphe à M. Valerius, qui, dans cette guerre, avait été plus heureux et avait rendu de plus grands services à la république que son collègue. Il triompha le seize des calendes d'avril, comme vainqueur des Carthaginois et d'Hiéron, roi des Siciliens. Parmi les dépouilles qui furent portées dans ce triomphe, on cite notamment un horloge comme une chose qui avait été inconnue à Rome jusqu'à ce jour. Valerius, qui l'avait enlevé de Catane après la prise de cette ville, le fit placer sur une colonne auprès de la tribune aux harangues. Le même Valerius fit aussi attacher à l'un des côtés du palais d'Hostilius un tableau représentant le combat dans lequel il avait vaincu les Carthaginois et Hiéron. C'est ce que personne n'avait fait avant lui, et ce que plusieurs imitèrent dans la suite.

XLVIII. Il est constant que c'est de la ville de Messine que ce Valerius a été surnommé Messalla. Mais ce qui m'étonne, c'est que, sur la foi de quelques auteurs, dont l'autorité toutefois n'est pas à mépriser, on ait cru qu'il dut ce nouveau nom à la prise de cette ville. Au contraire, les faits eux-mêmes démontrent évidemment qu'il reçut ce surnom pour avoir délivré Messine des hostilités auxquelles la retraite d’Appius Claudius l'avait exposée plus que jamais de la part des Carthaginois et

bem, dictatorem clavi figendi causa dici placuit. Dictus est Cn. Fulvius Cn. F. Cn. N. Maximus Centumalus : is magistrum equitum Q. Marcium Q. F.Q. N. Philippum dixit. Eodem anno Æsernia colonia deducta est : quum superiore Firmum deducta esset, et, ut quidam volunt, Castrum. L. deinde Postumius L. F. L. N. Megellus, Q. Mamilius Q. F. M. N. Vitulus consules facti*. Sicilia provincia utrique data ; legiones vero duæ tantum decretæ : sufficere visæ, postquam in societatem accepto Hierone levius bellum factum erat; et rem frumentariam facilius expediri posse rebantur, si minor exercitus mitteretur.

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XLIX. Consules, trajectis in Siciliam legionibus, sociorumque contractis auxiliis, minores sibi res prætermittendas rati, ad urbem agrigentinam totis viribus obsidendam animum adjecerunt. Eam rebus omnibus Poeni largissime instruxerant,

belli

arcem habituri. Quippe quum Hieronem ab amicitia sua defecisse, Romanos contra non perfunctorie rerum sicularum curam capessere cernerent; diligentiore ad bellum apparatu opus esse rati, primum quidem præsentium virium majorem partem in Sardiniam miserunt, quae Italiæ littoribus insidiaretur, ut hoc metu Sicilia Romanos abstraherent; aut certe minoribus, quam voluissent, copiis

* U. C. 490. A. C. 262.

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