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cette barbare coutume furent M. et D. Junius Brutus. Pour honorer, par je ne sais quelle piété, les cendres de leur père qui venait de mourir, ils donnèrent le premier combat de gladiateurs, que Rome accueillit avec de grands applaudissemens. Mais la peste vengea cet outrage fait à l'humanité; elle exerça les plus affreux ravages pendant cette année et la suivante. Pour en connaître la cause, on consulta les livres sibyllins , et on y trouva qu'elle était l'effet de la colère des dieux. On soupçonna donc qu'il s'était introduit du dérèglement dans les cérémonies religieuses. Les pontifes, à force d'investigations et d'enquêtes, découvrirent que des particuliers s'étaient emparés de plusieurs temples et chapelles, et que la vestale Capparonia s'était rendue coupable d'un inceste. Mais cette vestale, tandis qu'on informait contre elle, prévint son supplice en se pendant. On punit suivant toute la rigueur des lois celui qui l'avait corrompue, et les esclaves qui avaient été ses complices. Les lieux sacrés furent ôtés aux particuliers qui avaient eu la témérité de les usurper, et rendus à leur premier usage.

XLIII. Rome une fois libre de tout scrupule religieux, les sénateurs tournèrent de nouveau leurs soins vers les affaires publiques ; et comme, l'Étrurie enfin pacifiée, il ne restait plus en Italie aucuns troubles à réprimer, ils arrêtèrent que les deux nouveaux consuls passeraient en Sicile avec leurs légions. Ces consuls étaient M. Valerius Maximus, qui, dans cette haute dignité, acquit aussi le nom de Messalla, et M. Otacilius Crassus. Après avoir réussi à faire passer le détroit à leurs troupes sans le moindre danger , ils ne furent pas moins heureux ensuite dans l'exécution de lcur entre

serant : quo

secuta felicitas est. Quum enim Adranitarum urbe post brevem obsidionem per vim capta, Centuripinos circumsiderent, venerunt ab Alæsinis legati oppidum suum dedentes. Inde consules diversas insulæ partes obeundo, modo divisis, modo junctis exercitibus, ut res et ratio suadebat, Pænis Syracusanisque, quoties congredi erant ausi, profligatis, terrorem famamque late sparsere : tantaque fortunam sequentium felicitas, tantusque impetus fuit, ut paulo post oppida haud minus septem et sexaginta numerarentur, quæ romanæ fidei se permi

in numero Tauromenitani quoque et Catinenses fuere.

XLIV. Unde consules imperatis , quæ volebant, auxiliis quotidie validiores, ad ipsas jam Syracusas castra ponere sunt ausi, obsidionem urbis meditantes. Quibus rebus animadversis Hiero, quum suis atque Carthaginiensium viribus diffidere cæpisset, præterea plus apud Romanos esse fidei crederet , amicitiam et ipse cum Romanis inire constituit; legatosque cum mandatis de pace componenda ad consules misit. Neque Romanis displicebat Hieronem a societate punica disjungere, maxime ut res annonaria suis legionibus expeditior esset. Nam Carthaginiensibus mare obtinentibus ex Italia transvehi commeatus nequibant; et ab ea re prioris anni consul plus propemodum , quam ab hostibus , incommodi mo

prise; car, ayant emporté d'assaut, après un siège fort court, la ville d’Adranite, et investi celle de Centuripe, les Alésiens envoyèrent des députés les inviter à prendre possession de la leur. Ensuite ils se mirent à parcourir les différentes parties de la Sicile, combattant tantôt séparément, tantôt avec leurs corps d'armée réunis, selon que l'occasion et la prudence le demandaient , contre les Carthaginois et les Syracusains; et les ayant défaits dans toutes les occasions où ceux-ci osèrent en venir aux mains, ils répandirent partout la terreur de leurs armes et du nom romain. Enfin le cours de leurs succès fut si prospère et si rapide, qu'en fort peu de temps on compta jusqu'à soixante-sept villes soumises à la puissance des Romains. De ce nombre étaient celles de Tauromenium et de Catane.

XLIV. De pareils avantages, qui avaient mis les con. suls à même d'exiger autant de troupes auxiliaires qu'ils en voulaient, rendant leur armée chaque jour plus nombreuse, ils osèrent venir camper sous les murs mêmes de Syracuse, dont ils méditaient le siège. Hiéron, qui voyait la tournure que prenaient les choses, commençant à se défier de ses forces et de celles des Carthaginois, et se persuadant d'ailleurs qu'il rencontrerait plus de bonne foi chez les Romains, résolut de faire alliance avec eux; et, dans cette vue, il envoya aux consuls des ambassadeurs ayant mission de traiter de la paix. Les généraux romains, de leur côté, n'étaient pas fâchés de détacher Hiéron de l'alliance des Carthaginois; leur but était surtout de se procurer plus aisément par son moyen des vivres pour leurs légions. Car, les Carthaginois étant maîtres de la mer, on ne pouvait en faire venir d'Italie; et le manque de provisions avait donné au consul de lestiæque persenserat. Hierone vero adjuncto, syracusanum regnum, abundanti frugum copia, res necessarias Romanis affatim erat præbiturum.

LXV. Itaque legibus his transactum : « Ut Hiero quæ de Romanis sociisve eorum loca, quosque homines cepisset, sine pretio restitueret , argentique talenta centum penderet. Ipse tuto imperaret Syracusis, ceterisque syracusani juris urbibus. » Ex quibus erant præcipuæ Acræ, Leontium, Megara, Elorus, Netini, Tauromenium. Legatis deinde ab Hierone Romam venientibus, eædem conditiones ratæ fuerunt, pacemque cum eo rege servandam et senatus censuit, et post paucos dies, Cn. Atilio Calatino populum rogante, populus jussit. Hoc fædus in annos quindecim pactum, deinceps perpetuo mansit : Hierone magnitudinem romanam ita colente comiter, hisque vicissim illius studium tam benigne prolixeque remunerantibus, ut neutros eorum societatis institutæ pæniteret. Syracusanæ pacis audita fama, Annibal Poenus, qui Hieronem obsidione liberaturus cum navalibus copiis jam Xiphoniam accesserat, majori quam venerat festinatione recessit.

l'année précédente plus de peine et d'embarras que les ennemis mêmes. Or, les consuls espéraient qu'Hiéron faisant une fois cause commune avec eux,

le

royaume de Syracuse, dont les terres étaient d'une grande fertilité, fournirait abondamment aux troupes romaines les choses nécessaires à leur subsistance.

XLV. La paix fut donc conclue à ces conditions : « Qu'Hiéron rendrait gratuitement, aux Romains et à leurs alliés, toutes les places qu'il leur avait enlevées, tous les hommes qu'il leur avait pris, et qu'il paierait cent talens d'argent; que, de son côté, il règnerait tranquillement à Syracuse, et conserverait toutes les villes de la domination syracusaine. » Les plus considérables de ces villes étaient Acres, Leontium, Mégare, Élore, Netini et Tauromenium. Ensuite Hiéron ayant envoyé des ambassadeurs à Rome, ces mêmes conditions y furent ratifiées

par le sénat, qui manifesta l'intention que la paix conclue avec ce roi fût religieusement observée; et quelques jours après, sur la proposition de Cn. Atilius Calatinus, le peuple confirma la ratification du sénat. Ce traité, conclu pour quinze ans, deviņt ensuite perpétuel; car Hiéron s'attacha tellement à gagner de plus en plus la bienveillance des Romains, et ceux-ci, de leur côté, lui en témoignèrent tant de reconnaissance, que, d'une part comme de l'autre, on eut toujours sujet de se louer de l'alliance qu'on avait contractée. Le Carthaginois Annibal s'était déjà avancé avec ses troupes de mer jusqu'à Xiphonia, pour délivrer Hiéron du siège dont il était menacé; mais dès qu'il eut appris que les Syracusains avaient conclu un traité de paix avec les Romains, il s'en retourna encore plus promptement qu'il n'était venu.

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