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toujours leur propre liberté. La bataille de Leuctres, où cependant il ne périt pas au delà de mille Spartiates, porta incontinent un premier coup à leur puissance; et, après qu'ils eurent été défaits une seconde fois à Sellasie, où ils laissèrent sur le champ de bataille environ six mille des leurs, la perte de leur liberté se trouva de suite consommée. Mais les Achéens, habitans du même Péloponnèse, en s'associant sans distinction tous les peuples voisins, parvinrent à former une république fort belle, et qui se serait long-temps soutenue, si l'extravagance de quelques particuliers n'eût attiré, pour leur ruine et celle de leur patrie, les armes des Romains dont la domination était déjà fort étendue. Or, des systèmes tellement opposés devaient avoir, de toute nécessité, des résultats tout-à-fait contraires. Car, comme il est selon les lois de la nature, qu'un corps qui se nourrit d'alimens salubres, pris avec modération, soit plus robuste et se conserve plus long-temps que celui qui, content des sucs qu'il trouve dans sa propre substance, dédaigne toute nourriture étrangère; de même les républiques sont toujours devenues plus florissantes, quand elles ont su s'approprier tout ce qu'il y avait d'excellent hors de leur sein, que quand, par une inepte arrogance, dédaignant tout ce qui n'était pas né dans leur fonds, elles se sont privées de nombreux et bons auxiliaires, propres à contribuer à l'accroissement et au maintien de leur puissance. XLII. Cette année vit naître un spectacle cruel sans doute dès son origine, mais qui fut bientôt porté aux derniers excès de barbarie. Il consistait à répandre avec profusion le sang humain, pour l'amusement du public et le divertissement d'une vile populace. Les auteurs de ctores M. et D. Junii Bruti, nescio qua pietate defuncti patris cineres honoraturi, gladiatorium munus ediderunt, magno favore civitatis. Sed hanc humanitatis imjuriam ulta pestilentia est, quæ per istum et sequentem annum atrocissime sæviit. Ob quam, quum sibyllinos libros adiri placuisset, ira deum immissam esse, repertum. Ergo religiones profecto parum caste haberi suspicione orta, pontifices, diligentius observando et inquirendo, plurima sacella fanaque a privatis occupata esse invenerunt ; et Capparoniam ex vestalibus incesti crimine temeri. Sed illa, dum rea peragitur, suspendio prævenit supplicium : in corruptorem ejus consciosque servos legibus animadversum est. Loca sacra ex privatorum

temeritate priscis usibus vindicata.

XLIII. Sic exsoluta religionibus civitate, patres amimum rursus ad reipublicæ curam retulerunt; et quoniam Etruria jam pacata, nihil in Italia reliqui motus erat, ambos anni novi* consules in Siciliam cum legionibus transgredi placuit. Fuerunt hi M. Valerius M. F. M. N. Maximus, qui in hoc honore Messalla appellatus est, et M. Otacilius C. F. M. N. Crassus. Ab his transportatas prospere copias eadem in rebus gerendis procette barbare coutume furent M. et D. Junius Brutus. Pour honorer, par je ne sais quelle piété, les cendres de leur père qui venait de mourir, ils donnèrent le premier combat de gladiateurs, que Rome accueillit avec de grands applaudissemens. Mais la peste vengea cet outrage fait à l'humanité; elle exerça les plus affreux ravages pendant cette année et la suivante. Pour en connaître la cause, on consulta les livres sibyllins, et on y trouva qu'elle était l'effet de la colère des dieux. On soupçonna donc qu'il s'était introduit du dérèglement dans les cérémonies religieuses. Les pontifes, à force d'investigations et d'enquêtes, découvrirent que des particuliers s'étaient emparés de plusieurs temples et chapelles, et que la vestale Capparonia s'était rendue coupable d'un inceste. Mais cette vestale, tandis qu'on informait contre elle, prévint son supplice en se pendant. On punit suivant toute la rigueur des lois celui qui l'avait corrompue, et les esclaves qui avaient été ses complices. Les lieux sacrés furent ôtés aux particuliers qui avaient eu la témérité de les usurper, et rendus à leur premier usage.

* U. C. 489. A. C. 263.

XLIII. Rome une fois libre de tout scrupule religieux, les sénateurs tournèrent de nouveau leurs soins vers les affaires publiques; et comme, l'Étrurie enfin pacifiée, il ne restait plus en Italie aucuns troubles à réprimer, ils arrêtèrent que les deux nouveaux consuls passeraient en Sicile avec leurs légions. Ces consuls étaient M. Valerius Maximus, qui, dans cette haute dignité, acquit aussi le nom de Messalla, et M. Otacilius Crassus. Après avoir réussi à faire passer le détroit à leurs troupes sans le moindre danger, ils ne furent pas moins heureux ensuite dans l'exécution de leur entresecuta felicitas est. Quum enim Adranitarum urbe post brevem obsidionem per vim capta, Centuripinos circumsiderent, venerunt ab Alaesinis legati oppidum suum dedentes. Inde consules diversas insulæ partes obeundo, modo divisis, modo junctis exercitibus, ut res et ratio suadebat, Poenis Syracusanisque, quoties congredi erant ausi, profligatis, terrorem famamque late sparsere : tantaque fortunam sequentium félicitas, tantusque impetus fuit, ut paulo post oppida haud minus septem et sexaginta numerarentur, quæ romanæ fidei se permiserant : quo in numero Tauromenitani quoque et Cati

nenses fuere.

XLIV. Unde consules imperatis, quæ volebant, auxiliis quotidie validiores, ad ipsas jam Syracusas castra ponere sunt ausi, obsidionem urbis meditantes. Quibus rebus animadversis Hiero, quum suis atque Carthaginiensium viribus diffidere cœpisset, præterea plus apud Romanos esse fidei crederet, amicitiam et ipse cum Romanis inire constituit; legatosque cum mandatis de pace componenda ad consules misit. Neque Romanis displicebat Hieronem a societate punica disjungere, maxime ut res annonaria suis legionibus expeditior esset. Nam €arthaginiensibus mare obtinentibus ex Italia transvehi commeatus nequibant; et ab ea re prioris amni consul

plus propemodum, quam ab hostibus, incommodi moprise; car, ayant emporté d'assaut, après un siège fort court, la ville d'Adranite, et investi celle de Centuripe, les Alésiens envoyèrent des députés les inviter à prendre possession de la leur. Ensuite ils se mirent à parcourir les différentes parties de la Sicile, combattant tantôt séparément, tantôt avec leurs corps d'armée réunis, selon que l'occasion et la prudence le demandaient, contre les Carthaginois et les Syracusains; et les ayant défaits dans toutes les occasions où ceux - ci osèrent en venir aux mains, ils répandirent partout la terreur de leurs armes et du nom romain. Enfin le cours de leurs succès fut si prospère et si rapide, qu'en fort peu de temps on compta jusqu'à soixante-sept villes soumises à la puissance des Romains. De ce nombre étaient celles de Tauromenium et de Catane. XLIV. De pareils avantages, qui avaient mis les consuls à même d'exiger autant de troupes auxiliaires qu'ils en voulaient, rendant leur armée chaque jour plus nombreuse, ils osèrent venir camper sous les murs mêmes de Syracuse, dont ils méditaient le siège. Hiéron, qui voyait la tournure que prenaient les choses, commençant à se défier de ses forces et de celles des Carthaginois, et se persuadant d'ailleurs qu'il rencontrerait plus de bonne foi chez les Romains, résolut de faire alliance avec eux; et, dans cette vue, il envoya aux consuls des ambassadeurs ayant mission de traiter de la paix. Les généraux romains, de leur côté, n'étaient pas fâchés de détacher Hiéron de l'alliance des Carthaginois; leur but était surtout de se procurer plus aisément par son moyen des vivres pour leurs légions. Car, les Carthaginois étant maîtres de la mer, on ne pouvait en faire venir d'Italie ; et le manque de provisions avait donné au consul de

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