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n'avaient aucun vaisseau couvert, ni de longueur, pas même un seul brigantin; il leur fallut employer des trirèmes que leur prêtèrent les Tarentins, les Locriens, les Éléates et les Napolitains, avec quelques petits bâtimens de cinquante rames. XXXV. Au reste, Appius ayant abordé par hasard à peu de distance du lieu où étaient campés les Syracusains, exhorta les siens et leur représenta, « que la victoire était certaine, s'ils fondaient brusquement sur des ennemis qui ne s'attendaient à rien de pareil; » puis il les conduisit sur-le-champ à l'attaque du camp ennemi. Hiéron, quoique surpris par une agression si subite, fit sortir ses troupes, qu'il rangea en bataille aussi bien que le moment le lui permit. On se battit avec acharnement durant quelque temps; la cavalerie romaine se vit forcée de reculer : mais les légions déployèrent tant de courage, qu'Hiéron fut vaincu, et rentra en désordre dans son camp. Appius, après avoir fait dépouiller les corps des ennemis restés sur le champ de bataille, entra dans Messine, et, par sa présence, changea les vives appréhensions des Mamertins en l'espoir d'un meilleur avenir. Hiéron se voyant vaincu avant d'avoir vu l'ennemi (comme il l'avoua lui-même depuis), soupçonna les Carthaginois d'avoir livré le passage du détroit; et les réflexions peu rassurantes qui s'offrirent en foule à son esprit commençant à lui faire craindre un fâcheux dénouement, il sortit ses troupes du camp pendant le silence de la nuit suivante, et se retira en toute hâte à Syracuse. XXXVI. Appius, se voyant débarrassé de cet ennemi, crut devoir profiter de la terreur que sa récente victoire inspirait aux Carthaginois, pour les accabler à leur tour. Il ordonna donc aux soldats de prendre de la nouralbescente jam die progressus, castra Pœnorum oppugnare instituit. Erant hæc loco satis tuto posita, et natura manuque diligenter permunita; hinc mare, inde profundæ paludes, in peninsulæ ferme speciem ambibant; inter has angustum spatium, quo uno adiri poterat, ductus adversum irrupturos murus obsepiebat. Hic ubi vim fecissent romani milites, neque locorum simul iniquitatem,-et propugnantium multitudinem vincere possent, missilibus maxime, sicut in urbium oppugnatione solet, rem gerentibus Pœnis, irrito incoepto desistere coacti recesserunt. Sæpe in bellis meliori fortunæ locum sors durior, et adversi ab initio casus fecere : dum his affecti, consiliis animisque majoribus acceptum detrimentum sarcire student; hostes felicitatis opinione blanda fascinati, neque satis adversum fortuita providentes, in

temeritatem auferuntur.

XXXVII. Quod illo tempore Carthaginiensibus usu venit. Qui repulisse hostem non contenti, tanquam fugientem eruptione ex castris facta prosequebantur : suæ virtuti, non munitiqni locorum Romanos cessisse existimantes. Itaque postquam ex angustiis, quibus defensi fuerant, processere, mutata cum loco fortuna

prœlii, magnusque eorum numerus cæsus est : reliquì

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riture et du repos, et, dès le point du jour, il se mit en marche pour forcer les Carthaginois dans leurs retranchemens. Leur camp était assis dans une position sûre, et qui se trouvait également bien fortifiée par la nature et par l'art. D'un côté la mer, et de l'autre un marais profond, formaient une péninsule, dans laquelle ils étaient enfermés ; et, pour se préserver de toute irruption, ils avaient fermé par un mur le passage étroit qui restait entre la mer et le marais, seul endroit par où l'on eût pu venir à eux. Les soldats romains essayèrent de forcer ce passage; mais, ne pouvant vaincre à la fois et la difficulté des lieux, et une multitude de combattans qui, à l'abri comme dans une ville assiégée, faisaient pleuvoir sur eux une grêle de traits, ils furent contraints de renoncer à cette entreprise téméraire et d'opérer leur retraite. Souvent, à la guerre, un échec, des revers essuyés au commencement, deviennent la cause d'un meilleur succès; parce que les vaincus cherchent à réparer leur perte en prenant mieux leurs mesures et en déployant plus de courage, tandis que les ennemis, enivrés par la joie du succès, ne prennent point assez de précautions contre l'inconstance de la fortune, et se laissent entraîner dans des entreprises téméraires.

XXXVII. C'est ce qui arriva pour lors aux Carthaginois. Non contens d'avoir repoussé l'ennemi, ils sortirent de leur camp et se mirent à sa poursuite, comme s'il eût été en déroute, s'imaginant que c'était devant leur valeur, et non devant les obstacles des lieux, que les Romains avaiént reculé. Mais lorsqu'ils eurent quitté l'étroite péninsule qui les avait mis à couvert, la fortune du combat étant venue à changer avec le lieu, un grand nombre d'entre eux furent taillés en pièces. De ceux qui

ad castra, pars, ut cuique maxime promtum erat, in
urbes circumjectas diffugere, neque deinceps, quamdiu
Messanæ Claudius fuit, castris suis excedere sunt ausi.
Consul etiam cum natura loci et difficultate situs iterato
pugnare minime consultum arbitratus, quum tempus ibi
frustra terere videret, præsidio Messanæ relicto, in Sy-
racusanorum sociorumque fines impressionem fecit; iis-
que impune vastatis, tantum concepit fiduciæ, ut jam
ad ipsas Syracusas exercitum auderet admovere. Va-
ria ibi fortuna certatum est : semel etiam consul magno
in periculo fuit ; circumventusque foret, nisi mature
capto consilio misisset ad Hieronem , quasi de condi-
tionibus pacis acturus. Misit et ille certum hominem
ex amicis; cum hoc cœpto colloquio, et de industria
producto, sensim ex iniquo loco se subtráxit in tu-
tum.
XXXVIII. Syracusani quoque secuti, sermones de
pace cum diversis Romanis instituerunt, conventumque
foret, mi Hiero auctor fieri noluisset. His rebus geren-
dis major amni pars consumta. Tum Messanam rediit
consul, et inde cohortibus aliquot relictis ad tuendos
Mamertinos, cum ceteris Rhegium trajecit : mox Ro-
mam decessit ad triumphum ; quem de Poenis et rege
Siciliæ Hierone, quod primus ille de transmarinis po-
pulis ageretur, magna omnium gratulatione duxit.

- - - - - - _ * Hoc initium Romanis tentandi maria,"et hic successus

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échappèrent, les uns se réfugièrent dans le camp, les autres se sauvèrent où ils purent, en se dispersant dans les villes voisines; et depuis, tant que Claudius fut à Messine, ils n'osèrent plus paraître hors de leurs retranchemens. Le consul ne jugeant nullement prudent de lutter de nouveau contre la nature du lieu et les difficultés de sa situation, et voyant qu'il passerait là son temps en pure perte, mit une garnison dans Messine, puis se jeta sur les terres des Syracusains et de leurs alliés; et, les ayant ravagées impunément, il en prit tant de confiance, qu'il osa conduire son armée devant Syracuse même. Il y combattit avec des chances diverses. Un jour même il se trouva dans un grand danger, et aurait infailliblement succombé, s'il n'eût pris à temps le parti d'envoyer vers Hiéron, comme pour traiter de la paix. Celui-ci lui envoya de son côté quelqu'un qui possédait sa confiance; mais Claudius, la conférence une fois entamée, eut l'art de la prolonger jusqu'à ce qu'il eût trouvé le moyen de se tirer de ce mauvais pas. XXXVIII. Des Syracusains avaient suivi le chargé de pouvoirs d'Hiéron, et avaient lié avec plusieurs Romains des entretiens tendant à la paix, qui eût été conclue, si Hiéron eût voulu en ratifier les conditions.Ces évènemens avaient absorbé la plus grande partie de l'année. Le consul revint alors à Messine, et, y ayant laissé quelques cohortes pour défendre les Mamertins, il repassa à Rhège avec le reste de ses troupes. Bientôt il se rendit à Rome pour demander le triomphe. Il obtint, comme vainqueur des Carthaginois et d'Hiéron, roi de Sicile, un triomphe d'autant plus agréable à tous les citoyens, que c'était le premier qui eût lieu pour des victoires remportées sur des peuples transmarins. Tel

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