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extorqué aux sénateurs, elle confirma, par un plébiscite , l'avis de ceux qui s'étaient prononcés pour les hostilités. Le consul Claudius, armé de ce décret, et d'ailleurs ayant pour lui l'appui de la plupart des sénateurs, à qui ceux de l'ancienne faction avaient été contraints de céder, fit partir sans délai C. Claudius, tribun des soldats, avec quelques vaisseaux, lui ordonnant « d'épier l'occasion de passer en Sicile, et de la saisir dès qu'elle se présenterait.» Pour lui, venu à Rhège, il n'osa pas exposer ses trirèmes, sachant que les Carthaginois croisaient près du détroit avec une flotte bien supérieure à le sienne, et il se fit transporter à Messine dans une barque de pêcheur. Après y avoir eu avec les Mamertins une conférence dans laquelle il s'exprima ainsi que le demandait l'état présent des choses, et que les réclamations des Carthaginois rendirent à peu près inutile, il revint à Rhège sans avoir rien fait. Cependant, apprenant bientôt que la discorde régnait dans Messine, que plusieurs s'opposaient à ce qu'on appelât les Romains, mais que le plus grand nombre voyait la garnison carthaginoise d'un assez mauvais œil, il repassa le détroit, et, entre autres discours propres à la circonstance, il protesta aux Mamertins, en appuyant fortement sur cette déclaration, « qu'il était venu uniquement pour délivrer leur cité, et qu'il n'aurait pas eu plus tôt atteint ce but, qu'il s'empresserait de se retirer. »

XXV. Les Carthaginois répondirent à cela « que les Romains n'avaient nul besoin de se tourmenter pour délivrer une cité dont la liberté n'avait reçu aucune atteinte; qu'en ce moment les Mamertins étaient redevables au généreux appui des Carthaginois, de ne s'être pas vus dans la nécessité d'accepter le joug des Syracualiam justam haberet causam, cur esset Messanae, exponeret. » Negavit Claudius « liberam videri civitatem, in qua praesidium alienae gentis, non sponte oppidanorum ageret. » Ad ea quum responderet nemo, Pœnis prae superbia, Mamertinis metu tacentibus, vir vafer et promtus, « apparet, » inquit, « ex hoc ipso silentio vestro , Carthaginiensium causam injustam, et Mamertinos libertatis avidos esse : nam ni ita foret, et illi de jure suo disserere non gravarentur, et isti, nulla, si cum Carthaginiensibus sentirent, dissimulandi causa, palam et aperte institutum illorum approbarent. » Ad haec verba fremitu Mamertinorum orto, multisque orationem illam ut veram et intimis sensibus suis congruentem laudantibus, satis in praesentia promotum esse putans Romanus, quod habitus tamen animorum exploravisset, Rhegium regressus est.

XXVI. Neque multo post adornatis quas habebat triremibus, tentavit transitum. Sed Pœnorum praefectis et multitudine navium, et in maritimis rebus solertia longe inferior, ad haec fluctuum illorum violentia, quos orta subito tempestas praeter solitum exasperaverat, repulsus, amissis aliquot triremibus , ceteris aegre servatis, in portum, unde exierat, rediit. Neque deterritus hoc sains; que le général romain eût donc à se retirer, ou à faire connaître les autres raisons qu'il pouvait avoir de rester à Messine. » Claudius répliqua : « Qu'on ne pouvait regarder comme libre une ville dans laquelle se trouvait une garnison étrangère, que les habitans souffraient malgré eux. » Comme personne ne répondait à ces paroles, les Carthaginois se taisant par orgueil, et les Mamertins par crainte, le consul, homme adroit et d'une grande présence d'esprit, dit : « Il est évident, d'après ce silence que vous gardez les uns et les autres, que les Carthaginois conviennent de leur injustice, et que les Mamertins souhaitent ardemment la liberté. Car s'il n'en était pas ainsi, les premiers ne montreraient aucune répugnance à se justifier, et les derniers, n'ayant aucune raison de dissimuler leurs sentimens, approuveraient ouvertement et hautement la conduite des Carthaginois, avec lesquels ils seraient d'accord. » A ces mots, il s'éleva un bruit confus dans l'assemblée des Mamertins; et beaucoup d'entre eux ayant déclaré avec des signes d'approbation que ce discours était selon la vérité et conforme à leur sentiment intime, le consul, qui crut qu'il lui suffisait pour le moment de s'être assuré de la disposition des esprits, s'en retourna à Rhège.

XXVI. Peu de temps après, ayant équipé ce qu'il avait de trirèmes, il entreprit de passer le détroit. Mais les chefs des Carthaginois, auxquels il était bien inférieur, et sous le rapport du nombre des vaisseaux, et sous celui de l'expérience dans la navigation, aidés d'ailleurs d'une tempête qui, s'élevant tout à coup, accrut à un très-haut point la violence des flots de cette mer naturellement agitée, le repoussèrent aisément; en sorte qu'ayant perdu plusieurs de ses trirèmes, il eut beauincommodo, ut meliori alia opportunitate fortunam ite- rum experiri posset, naves reficiebat,quum ab Hannone ( is mamertino praesidio fretique custodiae praeerat ) venerunt nuntii, quidquid triremium hominumve superiore certamine Pœni ceperant, adducentes. Cupiens enim fœderum ruptorum infamiam Romanis impingere, consilium hoc amplexus erat Hanno, questusque, « possessi Carthaginiensibus freti per vim tentatam navigationemesse,» ad pacem et fœdera majorideinceps cura servanda provocabat; sed audito, Claudium nullas conditiones admittere, nisi Messana praesidium deduceretur; fretique trajectionem iterum moliri; exclamavit, « se vero non esse passurum, ut Romani vel manus in isto mari abluerent. »

XXVII. Neque tamen prohibere potuit, quin Claudius,observata freti natura, captatoque tempore quum refluxum ejus etiam ortus commode ventus adjuvaret, priusquam occurri posset, Siciliam teneret. Ibi Mamertinorum in portu repertorum coacta concione, persuasit, « ut Hannonem advocarent, tanquam de praesenti negotio cum eo deliberaturi. » Hanno enim, oppidanorum discordibus animis parum confisus, arcem cum suis occupaverat : neque concioni Mamertinorum se

coup de peine à sauver le reste, et à retourner dans le port d'où il était parti. Toutefois, sans être rebuté par ce premier échec, il faisait radouber ses vaisseaux, pour tenter de nouveau la fortune dans une autre occasion plus favorable, lorsqu'il vint de la part dUannon (c'était le commandant de la garnison de Messine et de la flotte qui gardait le détroit) des députés qui lui ramenaient toutes les trirèmes et tous les hommes que les Carthaginois avaient pris dans le combat précédent. Car Hannon, voulant faire retomber sur les Romains l'odieux de la rupture des traités, s'était décidé à prendre ce parti, et, après avoir adressé ses plaintes au consul, « sur ce qu'il avait essayé de passer de force un détroit dont les Carthaginois étaient en possession, » il l'exhortait à entretenir la paix, et à se montrer plus religieux observateur des traités. Mais, apprenant que Claudius ne voulait entendre parler d'aucune condition, que préalablement les Carthaginois n'eussent retiré de Messine leur garnison , et qu'il se disposait à tenter de nouveau le passage, il s'écria « qu'il ne souffrirait pas que les Romains se permissent même de laver leurs mains dans cette mer. » XXVII. Cependant Claudius, après avoir observé la nature du détroit, prit si bien son temps, qu'aidé du vent et de la marée il arriva en Sicile, avant que le général carthaginois pût se mettre en devoir de se présenter à sa rencontre. Alors, ayant assemblé les Mamertins qu'il trouva dans le port, il leur persuada « d'appeler Hannon, sous prétexte qu'il voulait délibérer avec lui sur l'état présent de leurs affaires : » car Hannon, comptant peu sur les Mamertins, qui n'étaient pas d'accord entre eux, s'était enfermé dans la citadelle avec sa troupe, et n'osait se trouver à leur assemblée. Toutefois,

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