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au Temple de Jupiter. Ensuite on re-
présenta pendant dix jours avec une
grande magnificence les jeux votifs
du Conful Fulvius. On tint ausli - tôt
après l'assemblée pour l'élection des
Censeurs. On éleva à cetre dignité M.
Emilius Lepidus grand Pontife &
Fulvius Nobilior qui avoit triomphé
des Etoliens. Entre ces deux person-
nages distingués par leur naissance ré-
gnoit une inimitié qui avoit souvent
éclaté d'une façon atroce, & dans le
Sénat , & devant le peuple. A la fin
de l'assemblée , les deux nouveaux
Censeurs vinrent, suivant la coutume,
fe placer sur leurs chaises curules dans
le champ de Mars, auprès de l'Autel
de ce Dieu. Ausfi-tôt les plus confi-
dérables des Sénateurs y accoururent
avec une foule de peuple , & P. Ce-
cilius Metellus l'un d'entr'eux, parla
en ces termes :
» Censeurs, nous n'avons pas ou-"

Discours
blié que le peuple Romain vient de de Metel-
» vous préposer au maintien des mæurs lus aux
s publiques : que c'est à vous de ré- nouveaux
» gler notre conduite , & non pas à
» nous de tracer la vôtre. Cependant
» il faut découvrir ce qui chez vous
» choque tous les gens de bien, ou
» du moins ce qu'ils souhaiteroient de
» voir changé. Quand nous vous con-
» fidérons séparément, Emilius &

Censeurs.

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Cc iij .

» vous,

Fulvius nous ne trouvons w personne dans la République que » nous voulussions vous préférer, si on » nous renvoyoit aux fuffrages. Mais » quand nous vous envisageons tous » deux ensemble nous ne pouvons » pas nous empêcher de craindre que » vous ne soyez mal assortis. C'est un » bien pour la République , que vous » nous conveniez à tous ; mais c'est » peut-être un plus grand mal, que » vous ne vous conveniez pas entre » vous. Depuis plusieurs années vous » vous faites une guerre cruelle , qui » vous a été préjudiciable à tous deux: » & il est à craindre , qu'à compter » de ce jour, elle ne soit encore plus » funeste pour nous & pour la Républi» que, que pourvous-mêmes.(1)Il nous » feroit aisé de vous expliquer les rai» sons que nous avons de l'appré» hender, si vous étiez d'humeur à les » écouter paisiblement. Mais nous ai» mons mieux vous conjurer d'unecom» mune voix de mettre fin aujourd'hui, » dans ce lieu sacré, à vos inimiciés; » & comme le peuple Romain , par » ses fuffrages , a uni vos personnes , » fouffrez que nous unissions vos cours » par une reconciliation véritable, afin

(1) On a traduit ainsi cette phrase, qui dans le texte ne fait aucun fens, railunnable,

» que de concert vous procédiez au » choix des Sénateurs , à la revue des » chevaliers , au dénombrement des » citoyens, & à la clôture du lustre ; » que vous prononciez franchement la » formule ordinaire des væux folem» nels ; ( puide cette entreprise tour» ner à la gloire de mon collégie & à » la mienne, ) & que vous persuadiez » le public de la sincérité des prieres » que vous aurez adressées aux Dicux. « Titus Tatius & Romulus dans » cette même ville, au milieu de la» quelle ils s'étoient livré bataille,

régnerent ensuite de bon accord. » Non-seulement les haines, mais les » guerres mêmes ont un terme : fou» vent deux peuples ennemis font ► devenus alliés fideles & quel. » quefois concitoyens. Les Al. » bains , après la ruine de leur ville, » pafferent à Rome, & furent incor» porés avec ses habitans. Les Latins » & les Sabins ont obtenu le droit de » bourgeoisie. Ce mot n'est devenu » proverbe que parce qu'il renferme » une vérité : Les amitiés doivent être » immortelles , & les inimitiés more » telles. » Un frémiffement qui témoignoit que tout le monde étoit de son avis ensuite les cris de tous les assistants qui se réunirent pour la même demande interrompirent l'orateur.

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fe reconclient.

Alors Emilius fit plusieurs reproches à M. Fulvius , & fe plaignit qu'il lui avoit fait manquer deux fois le Confulat. Fulvius à son tour se plaignoir qu'Emilius l'avoit toujours attaqué le premier , & (1) qu'il avoit cherché à le deshonorer. Cependant chacun en son

particulier témoigna, que si fon colleLes deux Cenfeurs que y consentoit, ils se prêteroient

I'un & l'autre aux veux de tant d'il-
lustres citoyens. Et sur les instances.
de tous les affiftants, ils se donnerent
la main,& promirent sincerement qu'ils
oublieroientleurs démêlés. Ensuite, ils
furent conduirs au milieu des applaudif-
fements universels au Capitole. Le Sé.
nat approuva & loua l'attention de les
principaux membres, ainsi
cilité des Censeurs. Ces Magistrats
ayant demandé qu'on leur accordat
une somme pour être employée aux
ouvrages publics, le Sénat établit un

impôt annuel. Expédi.

Cette même année en Espagne les sions d'es- deux Propréteurs L. Pofthumius & Ti.

Semproniusconvinrent entr'eux qu'Albinus, en traversant la Lusitanie, marcheroit contreles Vaccéens, d'où il re. viendrait dans la Celtibérie ; fi Grace

que la do

pagne,

[1] It seroit à souhairer que dans ce passage, comme dans plusieurs autres des derniers livres, Tise Live.Le fût expliqué plus clairement

chus qui alloit pénétrer jusqu'aux extrêmités de cette Province, avoit besoin de son fecours. Ce dernier

emporta d'abord la ville de Monda, après en avoir surpris les habitants pendant la nuit. Ensuite ayant reçu des ôtages , & mis garnison dans la place il força plusieurs châteaux', brûla les campagnes , & poussa jusqu'à une ville très-forte que les Celtibériens appellent Certima. Il en faisoit déja les approches, lorsque té antique

Simplicide la place viennent des députés, de quelqui mettant dans leurs discours l'an- ques Espa

gnols. tique franchise, ne diflimulerent pas qu'ils soutiendroient un fiege, s'ils étoient en force. En effet, ils demanderent la permission de passer dans le camp des Celtibériens pour en tirer des secours ; ils promettoient s'ils n'en obtenoient pas, de s'accommoder fans eux. Avec le consentment de Gracchus, ils partirent , & peu de jours après ils revinrent avec dix autres députés. Il étoit midi quand ils arriverent: & la premiere chose qu'ils demanderent au Préreur, ce fut de leur faire donner à boire : quand ils eurent avalé les premiers verres,ils re-“ tournerent à la charge. Les Romains partirent d'un éclat de rire, en voyant la grofliereté de ces étrangers qui ne Layoient pas les usages. Alors le plus

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