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gurie à Rome , pour la création des nouveaux Magistrats , sans avoir dans son département rien fait de mémorable qui pût le justifier de ce qu'il étoit venu plus tard qu'à l'ordinaire tenir les Comices. Car il ne tint les Comices consulaires que le douze des Calendes de Mars. On choisit pour Confuls M. Emilius Lepidus , & C. Flaminius. Le lendemain on créa Préteurs Appius Claudius Pulcher, Ser. Sulpicius Galba, Q. Terentius Cullco, L. Terentius Maffa, Q. Fulvius Flaccus, & M. Furius Crassipes. Les élections étant terminées, le Consul proposa au Sénat de régler les départements des Préteurs. On deftina deux de ces Magistrats pour rendre la justice à Rome, deux pour gouverner la Sicile & la Sardaigne , & deux pour commander dans l'Italie même, l'un à Tarente & l'autre dans la Gaule : & fur le champ, avant d'entrer en charge, les fix Préteurs eurent ordre de tirer au sort. Ser. Sulpicius fut chargé par lui de rendre la justice aux citoyens, & Q. Terentius aux étrangers. L. Terentius eut la Sicile , & Q. Fulvius la Sardaigne. Tarente échut à Appius Claudius, & la Gaule à Marcus Furius. Cette année L. Minucius Myrtilus , & L. Manlius , accusés d'avoir frappé des Ambassadeurs Carthaginois , furent,

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Car

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sur un ordre de M. Claudius , Préteur On livre de la Ville , livrés par les Féciaux à inaginois ces Ambassadeurs , & emmenés à Car-deux Ro. thage. On publioit que le feu d'une mains qui guerre considérable s'allumoit de jour maltraité en jour. C'est pourquoi les nou-Lurs Am

bassadeurs. veaux Consuls n'eurent pas plutôt afsemblé le Sénat pour délibérer sur les affaires de la République , & sur les départements, qu'on leur assigna à

l'un & à l'autre la Ligurie. Le Consul M. EmiLepidus forma opposition à ce dé- lius & C. cret , disant hautement » qu'il étoit Consuls, » indigne qu'on renfermât les deux an de Roo » Conluls dans les vallées de la Li» gurie , tandis que depuis deux ans, » M. Fulvius & Cn. Manlius régnoient » l'un dans l'Europe, & l'autre dans » l'Asie , comme s'ils étoient substi» tués à la place de Philippe & d'An» tiochus. Si on croyoit qu'il fût à » propos de laisser des armées dans ces » terres étrangeres , n'étoit-il pas plus » juite d'en donner le commandement » à des Consuls qu'à des particuliers ? » Qu'ils couroient de Nation en Na» tion, portant par-tout la terreur » des armes Romaines , & vendant » au poids de l'or la paix à des peuples » à qui on n'avoit point déclaré la » guerre Qu'encore un coup , fi c'é„ toit une néceflité de tenir des trou» pes dans ces Provinces, les Consuls

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» C. Livius & M. Valerius a voient dû
» prendre la place de Fulvius & de
» Manlius, comme eux-mêmes avoient
» pris celle de L. Scipion, & comme
» L. Scipion avoir fuccédé à Manius
» Acilius. Qu'aujourd'hui que la guer-
» re d'Erolie étoit terminée qu'on
« avoit enlevé l'Afie à Antiochus, &
» réduit les Gallo-Grecs , il falloit
» certainement, ou envoyer les Con-
» fuls prendre le commandement des
» armées Consulaires, ou ramener les
» Légions à Rome , & les rendre en-
» fin à la République ». Le Sénat , fans
avoir aucun égard à ces remontrances,
persista à donner aux deux Confuls la
Ligurie pour département. Quant à
Manlius & à Fulvius , il fut arrêté
qu'ils seroient rappeilés, rameneroient
leurs Légions , & reviendroient à
Rome.

M. Fulvius & M. Emilius étoient ennemis depuis long-temps ; Emilius foutenoit sur-tout qu'il devoit aux in

trigues de Fulvius de n'avoir été ConFulvius sul que deux ans plus tard. C'est pouraccusé par quoi,

afin de le rendre odieux, il gaciens à la gna, contre lui , les Ambassadeurs follicita

d'Ambracie, & les introduisit dans le

Sénat. » Ils accuferent Fulvius de leur Conful e. » avoir déclaré la guerre , quoiqu'ils milius.

» denieuraffent en paix, qu'ils euffent » exécutéponctuellement les ordres des

les Amba

tion du nouveau

- Consuls précédents, & qu'ils offriffent » d'exécuter (pareillement les fiens. » Qu'ilavoir commencé par rayager les » campagnes, annonçant qu'il livreroit

la ville au pillage , & pafferoit tout » le monde au fil de l'épée , afin que » la terreur obligeât les citoyens à » fermer leurs portes. Qu'ensuite les » ayant assiégés & pris , il avoit épuisé 9 sur eux tous les excès de barbarie. » Que non content d'avoir mis tout » à feu & à fang , ruiné & pillé les » maisons, confisqué les biens des ci» toyens, & emmené leurs femmes » & leurs enfants en esclavage » avoit encore dépouillé les Temples, w enlevé les Statues des Dieux , arra»ché les Dieux eux-mêmes de leurs » Sanctuaires ; qu'il ne restoit plus aux » Ambraciens que des murailles nues » pour y adreffer leurs hommages » leurs prieres & leurs veux ». Le Consul , sur ces plaintes, fit aux Députés plusieurs questions dont ils avoient concerté les réponses ayec lui , & parut les obliger, comme malgré eux, d'en dire davantage. Les Sénateurs étoient ébranlés , lorsque le Consul C. Flaminius prenant la défense de Fulvius,reprochaaux Ambraciensd'employer de vieilles armes, qui étoient usées depuis long-temps."

» Que c'és " toit ainsi que M. Marcellus & Q. Fui

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» vius avoient autrefois été appellés en » jugement , l'un par les Syracusains, » & l'autre par les Campaniens. Pour» quoi ne pas permettre aussi, conti» nua-t-il , que tout d'un temps , & » pour les mêmes raisons , T. Quin» tius foit accusé devant vous par le » Roi Philippe , Manius Acilius & L. » Scipion par Antiochus , Cn. Man» lius par les Gaulois, & Fulvius lui» même par les Ecoliens & les peu»ples de la Cephallenie ? Croyez» vous, Sénateurs

, que j'aie dessein » de nier, au nom de Fulvius, qu’Am» bracie air été assiégée & prise ; qu'on » en ait enlevé des Statues & des ef. » fets précieux; en un mot, qu'elle ait » éprouvé les autres malheurs des » villes emportées de force? Doutez» vous que M. Fulvius , à son retour » ne convienne de ces faits , lui qui » doir vous demander le triomphe » précisément pour cet exploit, lui qui » doit faire conduire devant son char » le tableau de la prise d'Ambracie, » avec les Statues & les autres orne» ments qu'on l'accufe d'en avoir en»levé, lui qui doir suspendre une » partie de ces dépouilles au frontis. » pice de fon Hôtel ? Les Ambraciens » affectent en vain de séparer leur cau► se de celle des Etoliens , elle est la » même. Qu'ainsi mon Collégue atten

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