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meté le força defe relâcher sur ce point; il envoya par un Tribun ordre aux foldats Romains de ne rien prendre, que les troupes d'Attale n'eufsent reçu leur part. De-là l'armée se rendit à la ville de Gordiutique, d'où, après trois campements , elle vint á Iabes, ville située sur les confins de la Pifidie, visà-vis la mer de Pamphylie. Les habi. tants de cette contrée, avant d'avoir reçu aucun échec, ne respiroient que la guerre. Leur cavalerie chargea les Romains dans leur marche & les renversa au premier choc. Mais reconnoiffant bientôt qu'elle n'avoit ni la supériorité du nombre, ni celle de la valeur elle rentra dans la ville que les citoyens offrirent de rendre , en demandant pardon de leur faute. Ils furent condamnésà payer vingt-cinq talents d'argent, & dix mille (1) mines de froment, en suite on accepta leur propofition.

Trois jours après ils poufferent jur. qu'à la riviere de Chaus, d'où ils allerent prendre d'affaut la ville d'Eriza. De-là ils vinrent au fort appellé Tabufion, bâti sur un fleuve nommé In

(1) On a dit quelque part que la mire Grecque Medimnus , qu Medimnum, contenoit fix boisseaux, Sur ce pied là dix mille mines font soixante mille boisseaux Romains, mais un peu moins chez nous où le boisseau est plus fort qu'il n'étoit à Rome. On peut encore évaluer dix mi'le mines à cinq mille Tepe tiers, la même proportion gardée. Tome II.

M

ul.

dus , depuis qu'un éléphant y avoit

précipité un Indien. Ils n'étoient pas Moagetes éloignés de Cibyre, & ne voyoient entyrande core aucun Député de la part de Moamen te getes tyran de cette ville , décrié pour parle Con- fes perfidies & ses cruautés. Le Consul

détacha en avant C. Helyius avec quatre mille hommes de pied & cinq cents chevaux, pour savoir quelles étoient ses dispositions. Cet Officier en entrant fur les terres du cyran , rencontra les Députés qui déclarerent que leur maîtra étoit prêt à se soumettre à tout ce qu'on exigeroit de lui : qu'il prioit seulement que

l'armée ne commît aucune hostilité & ne fit aucun dégât dans la campagne ; ils ajouterent qu'ils apportoient de la part un don gratuit de (1) quinze talents. Helvius promit qu'il ga. rantiroit ses terres du pillage, mais il ordonna aux Députés d'aller trouver le Consul. Manlius ayant entendu de leur bouche le même compliment qu'ils avoient fait à Helyius: Votre Maître, leur dit-il, ne nous a encore donné aucune preuve de la bonne volonté en vers les Romains ; & l'on conviene

(1) Le Latin dit une Couronne, Coronam : mais une Couronne de ce poids seroit énorme ; & on fait que le terme de Corona , Coronarium, ou Corollarium fe prend souvent dans les Auteurs pour un don , unc gratification, un honoraire qu'on accordo volontaire. mønt à ceux de qui on a reçu quelque faveur, ou à qui on ycus faire honnculo

généralement que nous devons plutôt songer à le punir qu'à traiter avec lui. Les Députés effrayés de ce discours, répondirent au Consul, que toute la grace qu'ils demandoient, étoit qu'il voulût bien recevoir leur présent, & permettre à Moagetes de le venir trou. ver, pour se justifier en perfonne des crimes dont fés ennemis l'ayoient accusé. Avec le consentement de ce Gé. néral, le tyran vint le lendemain dans le camp , vêtu & accompagné comme le plus simple particulier. Il parla á Manlius d'un ton humble , & d'une voix entre-coupée , exagérant sa foi. bleffe & la pauvreté des villes de fa dée pendance. Car outre Cibyre , il étoit maître de Sylée & d'Alimne. Il assuroit que tout ce qu'il pourroit en tirer iroit à peine à vingt-cinq talents. « Ah ! » pour le coup, dit le Consul, c'en eft » trop, je n'y tiens plus. Quoi ! peu » content d'avoir cherché à m'en im» pofer par tes Ambassadeurs , tu viens » toi-même à l'artifice ajouter l'impu» dence ? Crois-tu me persuader que » vingt-cinq talents ruineront un tyran » aussi avare que toi? Si dans trois jours » tu ne m'en comptes cinq cents, je ra» vage ton pays & je mets le fiége de» vant ta capitale ». Malgré ces menaces, il protesta coujours de son im.' puissance ; & à force de marchander

baflement, après bien des subtilités, des prieres , des larmes feintes , il offrit jusqu'à la somme de cent talens , & la quantité de vingt mille mines de from ment : toute certe négociation dura l'espace de fixjours.

De Cibyre Manlius conduifit fon armée par le pays des Sindefiens, & paffant le fleuve Calaure , campa sur l'autre bord. Le lendemain il côtoya le marais de Caralit , & ayant séjourné à Mandropole, s'approcha de Lagon qui étoit la ville la plus voisine. Les Romains la trouvant abandonnée par la fuite des habitants, en enleverent les provisions de toute cfpece dont elle 'étoit abondamment pourvue. Le jour suivant ils allerent de la source du fleuve Lyfis, jusqu'à la riviere de Cobulat. Ceux de Termesse assiégeoieng alors la forteresse d’Ifionda, après s'être rendus maîtres de la ville. Les assiégés qui n'avoient plus d'autre ressource, envoyerent des Ambassadeurs au Conful pour lui demander fa protection, & lui représenter qu'enfermés dans cette place avec leurs femmes & leurs enfans, ils s'attendoient tous les jours à périr, où par la faim , ou par le fer de leurs ennemis. Le Consul qui ne cherchoit

que

l'occasion d'entrer dans la Pamphylie, fit à son arrivée lever le Gége d'Ifionda, & accorda la paix aux

Termesfiens, dont il reçut la somme de cinquante talents. Il en usa de même à l'égard des Afpendiens & des autres peuples de la Pamphylie. Etant forti de cette Province, il campa le premier jour sur les bords dela riviere de Taur, & le lendemain près d'un lieu appellé Xylin-Come. Delà continuant sa route il arriva à la ville de Cormase. Celle de Darse en étoit voisine. La peur l'avoit fait abandonner aux habitants , & le Consul la trouya remplie de toute forte de provisions. Comme il passoit le long des marais de cette contrée, les Ambassadeurs de Lysime vinrent lui livrer leur ville. Delà il entra dans le terri. toire de Salagafle , fertile en toute forte de grains & de fruits. Il est habité par les Pifides qui font les plus belli. queux de tout le pays. Cette fierté naturelle est encore augmentée par la fécondité de leurs campagnes , multitude de leurs citoyens, & la situation avantageuse de leur ville, qui est une des mieux fortifiées. Le Consul ne voyant point de Députés de leur part, ordonna à ses troupes de piller le plat pays. Quand ils virent qu'on enlevoit leurs biens, ils baisserent le ton , & par le moyen des Ambassadeurs qu'ils en. voyerent au Consul, obtinrent la paix , en payant cinquante talents , & vinge mille mines de froment , & autang

par la

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